
« Tout le monde a de l’intelligence artificielle dans sa poche. Pourquoi ne pas l’utiliser pour faire campagne ? » A la tête du Lab électoral, agence de communication politique, Paul Brounais accompagne des candidats aux municipales dans « 60 [communes] de 250 à 220 000 habitants ». « C’est la première campagne IA, relève le jeune chef d’entreprise, également conseiller municipal dans une petite localité de Loire-Atlantique. C’est à la portée de tous, et tout le monde s’en empare. » Un constat que partage le président de l’Association des petites villes de France, Christophe Bouillon. « On voit plein de documents très bien faits sur les réseaux sociaux, notamment dans les très petites communes. Même si vous ne savez pas écrire, l’IA le fait », note celui qui est aussi maire divers gauche de Barentin (Seine-Maritime).
Les municipales des 15 et 22 mars sont, en effet, un terreau propice au développement de campagnes augmentées par l’intelligence artificielle. De Paris, où les vidéos sensationnalistes de la candidate Reconquête ! Sarah Knafo ne sont pas passées inaperçues, aux villes les plus modestes du pays, cet outil s’impose comme un allié redoutablement efficace. « C’est une technique à faible coût, rapide. Les partis, qui veulent gagner les élections dans un contexte hypercompétitif, ne peuvent pas se permettre de ne pas sauter sur l’occasion », note Antoine Marie, chercheur en science politique et en psychologie à Sciences Po Paris.
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