
En Cisjordanie et à Gaza, les traditionnels rassemblements organisés pour mettre en avant la cause des prisonniers palestiniens n’avaient pas, mardi 31 mars, la teneur habituelle. Des centaines de familles sont descendues dans les rues pour exprimer leur colère et leur inquiétude à la suite de l’adoption par le Parlement israélien, la veille, d’une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens accusés d’attaques anti-israéliennes meurtrières. Le texte prévoit la peine de mort ou la prison à perpétuité pour toute personne reconnue coupable d’un homicide visant un Israélien « avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’Etat d’Israël ». Pour les Palestiniens de Cisjordanie, la peine capitale devient la sanction par défaut dès lors que l’acte est qualifié de « terrorisme » par la justice militaire israélienne.
Dans des vidéos diffusées par les médias locaux, la gravité se lit sur les visages des familles arborant de grandes photos à l’effigie de leurs proches qui croupissent dans les geôles israéliennes. « Nous n’avons pas dormi cette nuit à cause de cette décision, affirme la mère d’un détenu de Cisjordanie. Cela fait seize mois que cette loi est en discussion et personne n’a réagi, aucun pays arabe, aucune autorité chez nous, personne ne s’y est opposé ». « J’en appelle aux pays étrangers, à la Croix-Rouge internationale, et à tous, pour qu’ils se tiennent aux côtés des prisonniers, car ils meurent déjà ! Ils n’ont pas de visites, pas de médicaments, pas de nourriture, pas de vêtements de rechange… Ils sont privés de tout ! », témoigne aussi Maryam Mustapha, dont quatre fils sont emprisonnés.
Il vous reste 69.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

