Dans cette boutique-boudoir de la rue Saint-Roch, à Paris, plane un délicieux parfum de nostalgie. Chaque détail, du mobilier Art déco en loupe de chêne au sol en terrazzo, les appliques coquillage, et même les tampons encreurs en bois utilisés pour personnaliser les paquets, tous cultivent l’esprit vintage de ce lieu hors du temps, créé par Cécilia Mergui. Au fil des années, cette collectionneuse, passionnée depuis l’enfance par l’esthétique Art déco, chine, restaure et assemble objets, croquis et meubles d’époque.

Un jour, au hasard d’une brocante, elle tombe sous le charme d’un poudrier signé Bienaimé, une maison de parfum disparue depuis 1960 et dont elle ignore tout. Intriguée, elle entame des recherches, qui la mènent jusqu’à l’éloge funèbre de Robert Bienaimé, le fondateur. Cette lecture agit comme un déclic : elle a l’impression de rencontrer l’homme derrière la marque, de comprendre son ambition créative.

L’ancienne responsable des achats de Sézane décide alors de faire revivre cette maison. Le projet se concrétise en 2021, avec la réédition de trois parfums emblématiques : La Vie en fleurs, Jours heureux et Vermeil. « Nous nous sommes inspirés des formules originales, en conservant l’iris comme fil conducteur, tout en s’autorisant quelques libertés avec le parfumeur », explique-t-elle.

Commercialisé récemment, Monsieur est à la fois la première création complètement inédite et le premier jus masculin de la marque. Pour le composer, le parfumeur Patrice Revillard s’est appuyé sur les souvenirs de Françoise Fong, belle-fille de Robert Bienaimé. Une approche intime et émouvante, qui tisse un lien subtil entre mémoire familiale et innovation olfactive.

Flacons oubliés

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