Les sœurs bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, lors de la dépose de la statue de Saint-Martin, à Tours, le 17 février 2014.

Pendant des années, elles ont subi brimades, humiliations et violences physiques sans en dire un mot à personne. Dans le secret, derrière les murs de leur couvent, sur la butte Montmartre, à quelques pas de la célèbre basilique symbole de Paris, les sœurs bénédictines du Sacré-Cœur ont été soumises à l’« emprise » et au climat « de terreur et de suspicion » de leur prieure générale mère Marie-Agnès.

Un rapport, commandé par les membres de la congrégation elle-même, en 2024, et publié dans la nuit de mercredi 14 à jeudi 15 janvier, jette une lumière crue sur les dérives sectaires provoquées par celle qui a régné sans partage pendant un peu plus de quarante ans sur les sœurs bénédictines, jusqu’à sa mort, en 2016. Les langues, elles, n’ont vraiment commencé à se délier que vers 2023, en dépit de deux visites apostoliques, l’une en 2004 et une autre en 2011-2012. Les années se sont écoulées sans que jamais les autorités romaines ou diocésaines prennent de sanction.

Pour mener à bien ce travail d’enquête, les religieuses, à commencer par leur supérieure actuelle, mère Marie-Elie Hancock, ont mandaté Hervé Giaume, ancien général de corps d’armée. Avec son équipe, et à l’aide d’un questionnaire détaillé soumis aussi bien aux 86 membres actuelles de la congrégation qu’à 28 anciennes, il a produit le premier rapport indépendant de ce genre sur une congrégation féminine.

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