
Pour pimenter votre prochain repas entre amis, proposez-leur d’essayer de chanter et de siffler simultanément. Pas la bouche pleine, n’exagérons rien, mais juste avant de passer à table. Autant le dire, c’est mission impossible. Sauf si vous dînez avec votre cheval.
En effet, notre fidèle ami s’adonne à cette double émission sonore presque tous les jours. Dès qu’il s’anime, qu’il s’excite ou veut communiquer son inquiétude. Cet exploit, nous en avons tous été témoin, au moins à l’écran : on appelle cela le hennissement.
Longtemps, cette expression équine a tenu du mystère. De deux mystères, même. Comment un animal aussi imposant pouvait-il émettre des sons aussi aigus, alors même qu’une règle veut que plus un animal est grand, plus son chant est grave ? Comment un son aussi aigu présente-t-il une telle portée – nos mauvaises oreilles peuvent le percevoir à plusieurs kilomètres – alors que, en principe, ce sont les basses fréquences qui voyagent le plus loin ? Dans l’étude qu’il consacra au sujet, en 1754, le grand Buffon (1707-1788) n’apportait aucune réponse ; ses héritiers scientifiques, pas davantage.
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