• Dans le monde professionnel, les stéréotypes jouent encore un rôle important.
  • Le parcours scolaire et universitaire n’échappe pas à la règle.
  • Une étude, réalisée pour le magazine « L’Étudiant », montre qu’ils se renforcent au moment du choix de la filière d’étude supérieure.

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Avec Elles

Des femmes secrétaires, aide-soignantes ou infirmières, des hommes maçons, agents de sécurité ou déménageurs… En France, les stéréotypes de genre se portent bien. Dans le monde professionnel, ils restent largement ancrés et deviennent de véritables obstacles pour les femmes. Il y a deux ans, le baromètre égalité des chances en entreprise, réalisé pour TF1, montrait que le genre restait un frein à la réussite pour la moitié des femmes. 

L’Observatoire de l’orientation et des métiers genrés (nouvelle fenêtre), commandé par le magazine L’Étudiant en novembre 2025 et remis en avant à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, montre que les normes de genre s’exacerbent au moment des études supérieures. Les deux tiers des 1.150 Français interrogés par OpinionWay estiment que leur orientation a été influencée par des normes de genre. Ce chiffre grimpe à 78% chez les 15-24 ans. Mais deux Français sur cinq assurent que les aptitudes restent naturellement liées au sexe. L’Étudiant y voit une « naturalisation persistante des différences ».

Les femmes vers les métiers du soin

Dans les écoles d’ingénieurs, par exemple, près des trois-quarts des inscrits restent des hommes (nouvelle fenêtre) et ce chiffre n’évolue pas vraiment depuis plus de quinze ans. En cause, le système scolaire. Plus de la moitié des personnes interrogées jugent que l’absence de modèles freine les filles vers les métiers scientifiques (nouvelle fenêtre). Les jeunes hommes restent majoritairement encouragés vers les filières techniques tandis que le système associe les jeunes femmes aux métiers relationnels. Résultat : 47% des femmes ont eu le sentiment d’être orientées différemment à l’école en raison de leur genre. 

L’école influence largement la reproduction des stéréotypes de genre. L’étude révèle que près de sept femmes sur dix déclarent avoir été poussées vers des métiers du soin, de relation ou de cœur. « Les représentations collectives qui alimentent les différences entre les sexes et s’en nourrissent participent en ce sens à la construction et à la reproduction des inégalités de genre, par la hiérarchisation entre ce qui est perçu comme masculin et féminin », s’inquiète le Haut-commissariat au plan dans un rapport publié en 2025. L’étude conclut que « l’engagement des stéréotypes s’est érodé, alors qu’il constitue le terreau des inégalités, des discriminations voire des comportements sexistes. »

Geoffrey LOPES

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