En dépit des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, interdisant aux pays membres d’accueillir sur leur territoire des travailleurs nord-coréens, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en envoie de plus en plus. En Chine, qui en emploie le plus grand nombre, hommes et femmes travaillent dans des restaurants et des usines, en Russie dans l’exploitation forestière et de plus en plus en usines, au Moyen-Orient sur des chantiers de construction et des arsenaux. Main-d’œuvre qualifiée, bon marché et corvéable à merci, les Nord-Coréens sont de plus en plus demandés.

Selon un rapport des Nations unies de 2024, plus de cent mille d’entre eux travaillaient à l’étranger, rapportant à l’Etat plus de 500 millions de dollars (environ 460 millions d’euros). La Chine en emploierait, légalement ou illégalement, le plus grand nombre – en particulier dans les entreprises de transformation des produits de la mer.

Dans un autre rapport publié fin février 2025, Environmental Justice Foundation (EJF), qui vise à protéger l’environnement et à défendre les droits humains, dénonce le sort des Nord-Coréens qui travaillent sur des thoniers chinois, en se fondant sur les témoignages d’une douzaine d’Indonésiens et de Philippins embarqués également sur ces thoniers entre 2019 et 2024.

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EJF a identifié la présence de Nord-Coréens sur une douzaine de thoniers, appartenant à Zhejiang Ocean Family, une entreprise d’Etat chinoise, qui opèrent au sud-ouest de l’océan Indien. Une partie de leurs prises finit sur les marchés européens. Selon Euroactiv, site d’information spécialisé sur l’EU, « en quelques années, la Chine s’est constitué la plus grande flotte de pêche hauturière du monde et depuis 2014, elle est devenue premier pays pêcheur en haute mer », après avoir épuisé les stocks dans ses eaux territoriales.

Les Nord-Coréens embarqués sur ces thoniers travaillent dans des conditions quasi carcérales. Ils n’ont pas le droit de descendre à terre lors des escales, afin de ne pas être identifiés, ni d’utiliser des téléphones portables, et ce pendant des années, avance EJF. Leurs passeports ayant été confisqués, ils ne peuvent pas s’enfuir. Les commandants des thoniers sont vigilants car ils risquent d’être licenciés par leur employeur si la police des ports où ils font escale découvre que des Nord-Coréens travaillent à bord de leur bateau. Le plus souvent, ils sont transbordés en mer d’un thonier à l’autre.

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