
Il aura incarné le pouvoir algérien durant le chaos sanglant de la guerre civile des années 1990, point d’équilibre fragile dans les féroces luttes de clan au sein de l’appareil dirigeant. Liamine Zéroual, militaire de carrière propulsé au sommet par ses pairs, est mort à l’âge de 84 ans, samedi 28 mars à Alger. Chef d’Etat de 1995 à 1999, il n’a cessé de cheminer sur un champ de mines, écartélé entre partisans et adversaires du dialogue avec l’insurrection islamiste tout en endossant les politiques d’austérité économique inspirées par les bailleurs internationaux. Epuisé par la tâche, il jettera l’éponge avant la fin de son mandat, non sans avoir préparé la transition au profit d’Abdelaziz Bouteflika.
Né le 3 juillet 1941 à Batna, Liamine Zéroual rejoint l’Armée de libération nationale (ALN) en 1957, à seulement seize ans. Après l’indépendance, il poursuit sa formation militaire au Caire, à Moscou et à Paris. Sa carrière au sein de l’Armée nationale populaire (ANP) le conduit à diriger l’Académie militaire de Cherchell, puis à commander plusieurs régions militaires stratégiques. En 1989, alors général et commandant des forces terrestres, il démissionne en raison de divergences avec le président Chadli Bendjedid et le général Khaled Nezzar sur la restructuration de l’institution militaire.
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