Chaque pays, chaque corporation décerne ses distinctions, Légion d’honneur, ordre de la Jarretière ou confrérie des chevaliers du Tastevin. A Wall Street, la reconnaissance suprême prend la forme d’un ordre d’achat émanant de Berkshire Hathaway, la holding de l’investisseur légendaire Warren Buffett, 95 ans.

Devant le siège du « New York Times », à New York, le 22 janvier 2026.

Les comptes de Berkshire Hathaway ayant révélé que la société d’investissement avait acquis en Bourse, entre septembre et décembre 2025, quelque 3 % du New York Times (NYT), l’action du groupe de presse s’est emballée, mercredi 18 février, pour atteindre un plus haut historique. Et chacun de se demander si cette mise, valorisée 350 millions de dollars (297 millions d’euros), certes modeste à l’échelle d’une holding qui pèse plus de 1 000 milliards de dollars, porte la patte du maître. Une sorte d’ultime pari jeté sur le tapis boursier avant de passer la main, le 1er janvier 2026, à son successeur, Greg Abel.

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Une hypothèse d’autant plus tentante que Warren Buffett a longtemps investi dans la presse. En particulier, il est resté quarante ans actionnaire du Washington Post. En juin 1973, après avoir acquis ses premières actions au capital du quotidien, il avait écrit à sa propriétaire et directrice, Katharine Graham, lui certifiant que si elle n’était pas d’accord avec son arrivée au tour de table, il n’achèterait plus aucune action. Il s’était ensuite lié d’amitié avec celle qui était alors en plein combat du Watergate avec le président Nixon et s’était déjà illustrée en soutenant la publication des « Pentagon Papers », en 1971. Le financier était resté actionnaire jusqu’au rachat du « Post » par Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, en 2013.

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