Un rassemblement à Berlin en la mémoire de Jamshid Sharmahd, un ressortissant germano-iranien exécuté en Iran, le 28 octobre 2024.

Plus de 800 personnes ont été exécutées en Iran depuis le début de l’année, a déclaré vendredi 29 août l’ONU, dénonçant « un schéma systématique d’utilisation de la peine de mort comme outil d’intimidation par l’Etat ».

Le bureau des droits de l’homme des Nations unies a affirmé qu’il y avait eu une « augmentation majeure des exécutions au cours du premier semestre 2025 ». « Les autorités iraniennes ont exécuté au moins 841 personnes depuis le début de l’année et jusqu’au 28 août 2025 », a déclaré la porte-parole Ravina Shamdasani aux journalistes, à Genève, avertissant que « la situation réelle pourrait être différente. Elle pourrait être pire, compte tenu du manque de transparence ».

En juillet, seulement, elle avait déclaré que l’Iran avait exécuté au moins 110 condamnés – soit le double du nombre de personnes exécutées en juillet 2024. « Le nombre élevé d’exécutions indique un schéma systématique d’utilisation de la peine de mort comme outil d’intimidation d’Etat, avec une focalisation disproportionnée sur les minorités ethniques et les migrants », a-t-elle mis en garde.

Exécutions publiques

Mme Shamdasani a particulièrement déploré l’organisation d’exécutions publiques en Iran, le bureau des droits en ayant recensé sept depuis le début de l’année. « Les exécutions publiques ajoutent une couche supplémentaire d’indignation à la dignité humaine, (…) non seulement à la dignité des personnes concernées, celles qui sont exécutées, mais aussi à celle de tous ceux qui doivent en être témoins », a-t-elle déclaré. « Le traumatisme psychologique d’assister à une pendaison publique, en particulier pour les enfants, est inacceptable », s’est-elle indignée.

Ravina Shamdasani a déclaré que 11 personnes étaient dans l’attente d’une « exécution imminente », dont six qui sont accusées de « rébellion armée » en raison de leur appartenance présumée à l’opposition en exil des Moudjahidin du peuple.

Les cinq autres ont été condamnées à mort pour leur participation aux manifestations à grande échelle de 2022, a-t-elle rapporté, ajoutant que la Cour suprême iranienne avait confirmé la semaine dernière la condamnation à mort de la militante des droits des travailleurs Sharifeh Mohammadi.

« La peine de mort est incompatible avec le droit à la vie et irréconciliable avec la dignité humaine », a-t-elle insisté. « Elle crée un risque inacceptable d’exécuter des personnes innocentes. Elle ne devrait jamais être imposée pour des actes protégés par le droit international des droits de l’homme », selon la militante.

Le bureau des droits de l’ONU exhorte le gouvernement iranien « à ne pas appliquer la peine de mort contre ces individus et d’autres personnes dans le couloir de la mort ».

Lire aussi (2024) | Article réservé à nos abonnés En Iran, les exécutions politiques se multiplient

Le Monde avec AFP

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