Au dessus du canal Al Jadaf, dans le quartier Business Bay, à Dubaï (Emirats arabes unis), le 7 mars 2026.

Au téléphone, la voix de l’homme chevrote. Reza (un prénom d’emprunt comme toutes les personnes citées ici) préfère décliner une rencontre de visu. « Ma femme et mon fils sont encore à Téhéran, vous comprenez… , dit-il. C’est très difficile de les joindre, j’y arrive parfois grâce à une application que vous ne pouvez pas installer depuis l’étranger mais que, Dieu merci, j’avais sur mon téléphone. Il y a quatre heures, ma famille était encore vivante. » Implanté à Dubaï dans l’import-export alimentaire depuis deux ans, cet homme d’affaires iranien vit dans une double crainte : celle de représailles sur ses proches par un régime aux abois et celle d’être ostracisé dans un pays visé par des frappes iraniennes quotidiennes. Un double cauchemar.

Aux opérations militaires lancées le 28 février par les Etats-Unis et par Israël contre l’Iran ont répondu, le jour même, des salves de missiles et de drones iraniens – ininterrompues depuis – sur le territoire des Emirats arabes unis. Mardi 10 mars, à l’ouest d’Abou Dhabi, la capitale, le complexe industriel de Ruwais, situé en bord de mer et qui abrite la plus importante raffinerie de pétrole du Moyen-Orient – la plus vaste au monde sur un seul site – a dû suspendre, pour la première fois, ses activités et évacuer le personnel. Sur X, les autorités ont reconnu « faire face à un incendie survenu dans l’une des installations du complexe de Ruwais, causé par une attaque de drones, sans qu’aucune victime n’ait été enregistrée jusqu’à présent ». Sans plus de précision : l’un de ces projectiles a-t-il atteint sa cible ou a-t-il été intercepté à proximité ?

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