Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, à Genève (Suisse), le 17 février 2026.

Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a évoqué, dimanche 22 février, un possible nouveau rendez-vous avec la délégation américaine, jeudi, en Suisse, pour discuter du programme nucléaire, au cœur des différends entre les deux pays.

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Dans un entretien sur la chaîne américaine CBS, Abbas Araghtchi a dit travailler « sur les éléments d’un accord ». « Je crois que lorsque nous nous rencontrerons, probablement ce jeudi à Genève, nous pourrons travailler sur ces points, préparer un bon texte et parvenir rapidement à un accord », a-t-il ajouté.

« Pour l’instant, nous ne négocions que le nucléaire, et aucun autre sujet n’est abordé », a ajouté le diplomate, alors que les Etats-Unis souhaitent également discuter des missiles balistiques de l’Iran ainsi que de son soutien aux groupes armés dans la région hostiles à Israël.

Le ministre des affaires étrangères iranien a déclaré « travailler sur des éléments » de l’accord avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire, estimant qu’il existait « de bonnes chances » de résoudre les différends avec Washington par la voie diplomatique. « Si les Etats-Unis nous attaquent, nous avons tout à fait le droit de nous défendre », a-t-il ajouté. Face à un « acte d’agression », toute réponse « est justifiée et légitime ».

Faire capituler l’Iran

De son côté, Donald Trump se demande pourquoi l’Iran n’a pas « capitulé » face au déploiement militaire américain, destiné à le pousser à accepter un accord concernant son programme nucléaire, a déclaré samedi son émissaire Steve Witkoff.

Les deux pays ont achevé mardi près de Genève une deuxième session de pourparlers indirects, dans le cadre d’une médiation omanaise, alors que Washington a dépêché deux porte-avions dans la région.

Le président américain « s’étonne » de la position de la République islamique, après l’avoir menacée de lourdes conséquences en cas d’échec des discussions, a déclaré M. Witkoff, interrogé sur Fox News par Lara Trump, la belle-fille de Donald Trump. « Je ne veux pas employer le mot “frustré”, parce qu’il sait qu’il a de nombreuses alternatives, mais il se demande pourquoi ils n’ont pas… capitulé », a-t-il poursuivi.

« Pourquoi, sous cette pression, avec la puissance maritime et navale déployée là-bas, ne sont-ils pas venus vers nous en disant : “Nous affirmons ne pas vouloir l’arme [nucléaire], alors voici ce que nous sommes prêts à faire” ? » Malgré cette pression, « il est difficile de les amener à ce stade », a-t-il reconnu.

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L’émissaire américain a également confirmé avoir rencontré Reza Pahlavi, fils du chah déchu, qui n’est pas retourné en Iran depuis la révolution islamique de 1979. « Je l’ai rencontré sur instruction du président », a-t-il déclaré, sans plus de précisions.

« Avenir démocratique et laïque »

Installé aux Etats-Unis, Reza Pahlavi s’est dit prêt, le 14 février, à Munich, devant 250 000 partisans, à conduire le pays vers un « avenir démocratique et laïque », alors que Donald Trump avait affirmé la veille qu’un « changement de régime » serait « la meilleure chose qui puisse arriver » à l’Iran.

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Jeudi, le président des Etats-Unis avait lancé à l’Iran un ultimatum de quinze jours au plus pour la conclusion d’un accord, sans quoi « de mauvaises choses » se produiraient.

Donald Trump ne réussira pas à détruire la République islamique d’Iran, avait assuré auparavant le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce qu’il dément, tout en insistant sur son droit à l’enrichissement de l’uranium à des fins civiles.

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est le seul pays non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à 60 %, seuil qui permet de passer rapidement aux 90 % nécessaires à un usage militaire. Dans le cadre de l’accord conclu en 2015, que Donald Trump a dénoncé trois ans plus tard, la limite était fixée à 3,67 %.

L’Iran, de son côté, cherche à négocier la levée de sanctions qui asphyxient son économie depuis des décennies, entraînant une hyperinflation chronique et une forte dépréciation de la monnaie nationale, le rial, un phénomène qui s’est particulièrement accentué ces derniers mois et a été l’élément déclencheur, en décembre, des vastes manifestations.

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Le Monde avec AFP

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