L’Iran est prêt à un compromis concernant son stock d’uranium hautement enrichi en échange d’une levée des sanctions américaines qui pénalisent l’économie iranienne, a déclaré le vice-ministre des affaires étrangères iranien, Majid Takht-Ravanchi, dans une interview à la BBC, publiée dimanche 15 février. Il s’exprimait après la reprise, le 6 février, à Oman, de pourparlers sur le nucléaire entre l’Iran et les Etats-Unis.
M. Takht-Ravanch, a rappelé, selon la BBC, l’offre iranienne de diluer son uranium hautement enrichi, pour en abaisser le taux d’enrichissement. Si les Etats-Unis « sont sincères, je suis sûr que nous serons sur la voie d’un accord », a-t-il déclaré.
Egalement interrogé, selon la BBC, sur la possibilité que l’Iran accepte d’expédier son stock de plus de 400 kilos d’uranium hautement enrichi hors du pays, le vice-ministre ne ferme pas la porte à un compromis, affirmant qu’il « est trop tôt pour dire ce qui se passera au cours des négociations ». Plusieurs pays, dont la Russie, ont proposé à l’Iran de prendre en charge ce stock, ce à quoi Téhéran s’est, jusque-là, opposé.
Une grande incertitude entoure le sort cet uranium hautement enrichi, vu pour la dernière fois par les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le 10 juin, avant les frappes israélo-américaines contre des sites nucléaires iraniens. L’Iran enrichissait alors de l’uranium à 60 % selon l’AIEA, bien au-delà de la limite de 3,67 % autorisée par l’accord nucléaire de 2015, désormais caduc.
« La question du zéro enrichissement n’est plus d’actualité »
Le président américain, Donald Trump, a plusieurs fois exigé que Téhéran renonce totalement à l’enrichissement. Mais « la question du zéro enrichissement n’est plus d’actualité et, pour l’Iran, elle n’est plus à l’ordre du jour », a affirmé Majid Takht-Ravanchi.
L’agence Fars, citant un responsable du ministère des affaires étrangères iranien, affirme par ailleurs, dimanche, que les pourparlers portent également sur de potentiels investissements américains dans le secteur énergétique iranien.
La Suisse a annoncé, samedi, la tenue d’un nouveau cycle de discussions à Genève la semaine prochaine, sans préciser le jour. Selon la BBC, Majid Takht-Ravanchi, qui faisait partie à Oman de la délégation iranienne, a confirmé que ces pourparlers se tiendraient mardi. L’Iran n’a, pour l’heure, pas confirmé officiellement le rendez-vous.
Les pays occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son droit à une filière nucléaire civile.
