En 2023, les Français ont passé en moyenne 60 commandes sur Internet, un chiffre en hausse.
Un mode de consommation qui a évidemment un impact : provenance des achats, suremballage et mode de livraison du colis.
Mais cet impact est-il plus ou moins important que l’achat classique en magasin ? Un outil de l’Ademe vous aide à en savoir plus.

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Initiatives environnementales

En France, 39,4 millions de personnes ont acheté en ligne en 2023, soit 500 000 personnes supplémentaires en un an, selon les dernières données de la Fédération du e-commerce (Fevad). Chacun a en moyenne effectué 60 commandes en ligne. Mais quel est l’impact de ce mode de consommation ? Et celui-ci est-il plus important qu’un achat en magasin ? Tout dépend des produits et du mode de livraison (point relais, livraison à domicile, click & collect). L’Ademe, l’agence de transition écologique, a donc récemment dévoilé un outil en ligne permettant au consommateur de s’y retrouver et de faire ses comparaisons (voir l’outil ici (nouvelle fenêtre)).

« Nous avons listé les différents postes : les sites logistiques de traitement des colis, la quantité d’emballages, le transport (routier, aérien, autre), le mode de livraison lui-même, le lieu de stockage du colis, par exemple la dépense énergétique d’un bâtiment qui sert de relais colis, le mode de déplacement du consommateur pour venir chercher son colis : en voiture, et quel type de voiture, en transports ou à pied…« , énumère Marc Cottignies, ingénieur au service Transport et Mobilités de l’Ademe, l’agence de la transition écologique.

La fabrication du produit pèse davantage que sa livraison

Avec quelles conclusions ?

  • d’abord, quand on prend en compte l’impact de la fabrication du produit, celui-ci est déterminant dans la balance : il est dans la majorité des cas, sauf pour les fruits et les légumes, prépondérant dans le bilan CO2 du produit.
  • ensuite, pour la majorité des produits, et si on ne prend pas en compte l’étape de la fabrication mais seulement la façon dont ils se retrouvent dans les mains du consommateur, le déplacement de l’acheteur se révèle « prépondérant si celui-ci roule en voiture thermique et fait 5 ou 10 kilomètres pour aller chercher son produit« . 

En clair, à paire de chaussures équivalentes, votre bilan CO2 est plus lourd si vous faites 20 km aller/retour pour aller la chercher que si vous descendez à pied au relais colis en bas de chez vous.

Impact équivalent si je vais dans un magasin près de chez moi ou si je récupère mon colis dans un point relais

Prenons l’exemple de la paire de chaussures, avec une précision : l’outil mis en ligne par l’Ademe en collaboration avec la start-up Impact CO2 considère un bilan carbone moyen pour une paire de chaussure. Il n’est ainsi pas possible aujourd’hui d’inclure des précisions sur un modèle, une marque, une provenance géographique, et donc de calculer les impacts différents entre, par exemple, une paire de chaussures produite en Europe et une paire de chaussures vendue sur un site d’ultra fast-fashion basé en Asie.

En dehors de ces considérations, pour une paire de chaussures, voici l’impact si :

  • je me rends à pied dans un magasin de chaussure : 0,45 kg CO2.
  • je me rends à pied dans un point relais : 0,65 kg CO2.
  • je me rends à pied dans un click & collect : 0,66 kg CO2.
  • je reçois les chaussures dans ma boîte aux lettres : 0,75 kg CO2.
  • je récupère en voiture mes chaussures dans un point relais et la distance est de 5 kilomètres : 2,83 kg CO2.
  • j’utilise ma voiture pour aller les acheter dans un magasin et je fais 15 km : 6,98 kg CO2.
  • j’utilise ma voiture thermique pour aller les chercher dans un click and collect et je fais 15 km : 7,19 kg CO2, c’est autant que si vous consommiez 5kg de frites.

Réduire l’impact avec une voiture électrique

L’outil permet de changer le modèle de voiture : avec un véhicule électrique, dans ce dernier scénario (15km pour un click & collect), l’impact est réduit à 3,76 kg CO2.

Si on inclut l’impact de la fabrication de la paire de chaussures, ces chiffres augmentent très nettement : par exemple, 20,2 kg CO2 dans le dernier exemple (15 km de voiture thermique pour un click & collect).

« Nos simulations montrent que dans la plupart des cas, se déplacer à pied dans un magasin ou se déplacer pour récupérer son colis dans un relais colis, a des résultats très voisins en termes de bilan carbone« , observe l’ingénieur de l’Ademe. 

« En revanche, dès que l’on se déplace en voiture thermique pour aller chercher son produit, on alourdit le bilan de l’achat dans un magasin, ajoute-t-il. Même si tout dépend du nombre de kilomètres et du type de voitures, thermique ou électrique. »

Ainsi, par exemple, pour une cafetière, l’impact passera de 2,23 kg CO2 si je vais l’acheter à pied dans un magasin situé près de chez moi à 9,13 kg CO2 pour un click & collect pour lequel je roule 15 km en voiture thermique ; et 5,71 kg CO2 en voiture électrique.

Le suremballage du commerce en ligne alourdit le bilan carbone du produit par rapport à un achat en magasin.

Marc Cottignies, ingénieur à l’Ademe

L’outil de l’Ademe permet de comparer l’impact du mode d’achat pour les courses alimentaires, une paire de chaussures, une cafetière expresso, un lave-linge, des livres, des vêtements, un lit, un smartphone, un micro-ondes et une caisse de vin. 

« En général, l’emballage, voire le suremballage, pour le commerce en ligne alourdit le bilan carbone du produit par rapport à un achat en magasin, commente Marc Cottignies. Le carton d’emballage est en effet un objet supplémentaire fabriqué pour la livraison et a donc un impact supplémentaire, d’autant plus qu’il ne va potentiellement pas être réutilisé. Même s’il est aussi possible d’avoir du commerce en ligne sans suremballage. »

Pour l’ingénieur, « l’objectif de l’outil est d’offrir une solution sur mesure au consommateur qui s’interroge sur l’impact de son achat » mais aussi de familiariser les Français avec l’unité de kg CO2. 

L’Ademe travaille sur un projet de norme expérimental qui permettrait au vendeur, type Darty ou Fnac par exemple, d’indiquer l’impact CO2 d’un produit selon son mode d’achat.

Marianne ENAULT

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