
L’Olympique de Marseille (OM) et l’Olympique lyonnais (OL) n’ont beau s’affronter que deux fois par saison, dans le championnat de France de football, les deux clubs seraient intimement liés. C’est le sens du « théorème des deux Olympiques », axiome éminemment contestable, dégainé avec humour sur les réseaux sociaux pour commenter le sort des deux formations. La démonstration établit que les deux équipes ne peuvent pas vivre de périodes fastes simultanément.
Ces dernières semaines, le théorème s’est ainsi vérifié : avant sa défaite à Strasbourg (1-3), le 22 février, l’OL a enchaîné treize victoires consécutives, pendant que l’OM traversait une crise dont il n’est pas encore sorti. « La situation est totalement opposée. (…) Les dynamiques sont différentes », confirmait Corentin Tolisso, le capitaine lyonnais, en conférence de presse vendredi. Tout pourrait cependant basculer, dimanche 1ᵉʳ mars, lors de « l’Olympico » au stade Vélodrome.
Pour les Marseillais (4ᵉ), qui comptent cinq points de retard sur leurs adversaires (3ᵉ) dans la lutte pour la troisième place de Ligue 1 – directement qualificative pour la prochaine Ligue des champions –, cette rencontre pourrait être un tournant dans leur saison. Le constat vaut aussi pour les Rhodaniens, qui souhaitent éviter de trop enrayer leur bonne dynamique du moment, avant d’importantes échéances en Coupe de France et en Ligue Europa.
En position de chasseur, l’OM apparaît dans une posture inconfortable. « Avec leur budget, leur objectif est clairement de se qualifier pour la Ligue des champions, donc forcément la pression est plus forte [pour eux] », commentait Corentin Tolisso. Après le départ de Roberto De Zerbi et une réorganisation institutionnelle, Habib Beye a pris la tête de l’équipe et vécu une défaite pour son premier match à Brest (0-2), le 20 février.
L’OM en stage à Marbella pour préparer le match
En amont de la rencontre face à Lyon, le nouveau coach a souhaité remobiliser tout son effectif en organisant un stage de plusieurs jours – inhabituel en milieu de saison – loin de l’agitation phocéenne, dans la station balnéaire de Marbella (Espagne). « Cela s’est très bien passé. Ce sont des moments privilégiés. On a eu beaucoup de sourires. Les joueurs ont passé des moments ensemble, c’est très important », a assuré Habib Beye, samedi, en conférence de presse.
Malgré une série de mauvais résultats (une victoire sur les six derniers matchs toutes compétitions confondues), « il n’y a pas de peur, il y a de la joie », poursuivait le nouvel entraîneur marseillais. En décembre 2024, une retraite similaire du côté de Rome avait permis à son prédécesseur de relancer l’OM, qui s’était imposé face à Monaco (2-1), à son retour au Vélodrome.
Rien ne garantit une réussite similaire et le coach de 48 ans s’est donc prémuni contre toute forme de pessimisme si l’OM ne parvenait pas à s’imposer : « Le championnat est encore très long, un mauvais résultat ne remettrait pas tout en question. » Et ce, même si Marseille a vu le Stade rennais revenir à hauteur au classement, à la faveur de sa victoire contre Toulouse samedi (1-0), et le LOSC et Monaco se trouver à seulement trois points.
L’OL privé de plusieurs joueurs et de ses supporteurs
Du côté lyonnais, une défaite ne serait pas non plus vécue comme un drame, puisqu’avec cinq points d’avance sur l’OM, « on sait qu’on sera troisièmes [quoi qu’il arrive à la fin du match], ce qui est positif », a souligné Paulo Fonseca. L’entraîneur de l’OL mesure la période charnière que traverse actuellement son équipe et qui a débuté par le revers à Strasbourg. Après le déplacement à Marseille, les Rhodaniens se tourneront en effet vers la Coupe de France – ils en disputeront les quarts de finale, comme l’OM – et les huitièmes de finale de la Ligue Europa.
A trois mois de la fin de l’exercice 2025-2026, Lyon est ainsi encore en lice pour remporter deux trophées et dépasse largement ses objectifs, pour l’heure, en championnat. « Quand on a commencé [la saison], c’était compliqué d’imaginer qu’en mars, on en serait là », confiait Corentin Tolisso, qui a vu son club formateur échapper de peu, l’été dernier, à une relégation administrative en deuxième division.
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A Lyon, le moral est donc au beau fixe et les perspectives réjouissantes : en cas de succès à Marseille, l’OL conforterait sa 3ᵉ place, avec huit points d’avance à dix matchs de la fin de la Ligue 1. Mais la tâche s’annonce compliquée pour le club rhodanien, privé de nombreux joueurs sur blessure, dont son meilleur buteur, Pavel Sulc. « La force de notre équipe, c’est le collectif, assure cependant Corentin Tolisso. On arrive à gagner même sans certaines individualités. »
Les coéquipiers du capitaine lyonnais devront également se passer du soutien de leurs supporteurs, une nouvelle fois privés de déplacement à Marseille, en raison de l’historique des incidents qui ont émaillé d’autres « Olympico ». Le stade Vélodrome sera malgré tout à guichets fermés puisque les supporteurs phocéens ont répondu à l’appel, déterminés à soutenir leur équipe, pour que celle-ci renverse en sa faveur le « théorème des deux Olympiques ».

