
Mathématiquement, le compte n’y est pas, dans les mégafusions hollywoodiennes : 1 + 1 n’égale jamais 2. Depuis que Disney a racheté 21st Century Fox, en 2019, le nouveau groupe a produit bien moins de films qu’avant le rapprochement des deux majors. Donc moins de diversité aussi. C’est précisément ce schéma qui inquiète les professionnels du cinéma européens depuis que le rachat de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance a été annoncé, vendredi 27 février, au détriment de l’offre de Netflix.
Laura Houlgatte, directrice générale de l’Union internationale des cinémas (UNIC), qui regroupe les exploitants de cinéma de 39 pays du continent européen, n’a soutenu aucune des offres. « Notre priorité, dit-elle, c’est de protéger nos membres. Nos inquiétudes demeurent, les salles ont besoin de diversité, d’un calendrier de sortie de films à la fois fort et divers, avec des périodes d’exclusivité significatives pour les salles. »
Pour elle, « la fusion Fox-Disney est un cas d’école » et son impact sur l’appauvrissement de l’offre est sans appel. « Disney sortait de 12 à 15 films par an avant la fusion, et 21st Century Fox 25. Le groupe en a sorti 19 [en 2025]. Soit la moitié », confirme Eric Marti, directeur général de Comscore France, entreprise spécialisée dans la mesure d’audience des médias. Ce qui se traduit forcément sur le nombre d’entrées en salles. Et, sur le continent européen, si la France fait exception, bon nombre de marchés sont très dépendants des films américains. En Pologne, par exemple, la part de marché de Warner Bros au box-office atteint 23 %, le résultat le plus haut.
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