
Le prix de l’or a dépassé 5 000 dollars (soit 4 247,01 euros l’once) pour la première fois lundi 26 janvier, prolongeant ainsi son ascension fulgurante, les investisseurs profitant des incertitudes géopolitiques, commerciales et monétaires suscitées par la présidence de Donald Trump, tandis que le yen continuait de bondir sur des attentes accrues de hausse des taux et d’une intervention des autorités.
Le prix du métal jaune progresse sans discontinuer depuis deux ans : l’once (31,1 grammes) valait un peu plus de 2 000 dollars (soit 1 698,80 euros) en janvier 2024. Le métal jaune s’est hissé lundi vers 3 h 30 à un sommet inédit de 5 093 dollars (soit 4 326,00 euros) l’once, après avoir franchi en début d’échanges asiatiques la barre des 5 000 dollars.
Sa progression récente a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain a dit vouloir s’emparer, menaçant ses alliés européens de taxes douanières en cas d’opposition. Le relatif apaisement qui a suivi n’a pas inversé la tendance.
Les cours restent aussi sensibles aux évolutions géopolitiques en Ukraine, à Gaza ou en Iran. Les revirements fréquents de l’administration américaine créent un climat d’incertitude aux Etats-Unis, détournant les investisseurs du dollar et des obligations d’Etat.
Autre métal précieux à s’envoler, poussé aussi par une forte demande industrielle (solaire, électronique), l’argent a franchi vendredi pour la première fois la barre des 100 dollars (soit 84,94 euros). Lundi vers 3 h 50, il a flambé au niveau record de 109,45 dollars (soit 92,97 euros) l’once.
« Compte tenu des tensions systémiques qui pèsent sur l’économie et l’ordre politique mondiaux, les métaux précieux constituent un véritable refuge », observe Kyle Rodda, analyste en Australie de Capital.com. « Associés à la politique monétaire expansionniste, au développement massif de l’intelligence artificielle, à la remilitarisation des Etats et aux attaques de l’administration Trump contre la Réserve fédérale américaine (Fed), les métaux précieux sont au cœur d’une conjoncture exceptionnelle », explique-t-il.
Les devises et la dette, moteurs de la ruée vers l’or
Mais, selon Neil Wilson, de Saxo Markets, « un facteur beaucoup plus important » soutient le cours de l’or ces derniers mois : « la dépréciation des devises et l’augmentation du niveau d’endettement » des Etats, « qui se traduisent par une soif insatiable » d’« actifs tangibles », attachés à une valeur concrète.
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En d’autres termes, les investisseurs cherchent à sécuriser leur patrimoine en se tournant vers des actifs réels, comme l’or, capables de préserver leur valeur sur le long terme.
La monnaie japonaise flambe : vendredi en fin d’échanges asiatiques, elle évoluait autour de 159 yens (soit 0,86 euro) pour 1 dollar. Elle a bondi durant les échanges américains, et lundi vers 7 h 30 (heure de Paris), elle grimpait de 1 % à 154,20 yens (soit 0,83 euro) pour 1 dollar.
« Une rumeur de révision des taux d’intérêt vendredi, à la suite d’une réunion plutôt conciliante de la Banque du Japon, a provoqué une forte hausse du yen, notamment face au dollar américain, qui est lui-même confronté à des difficultés en raison de l’imprévisibilité de l’administration Trump », souligne Kyle Rodda.
« Bien que les décideurs n’aient pas explicitement annoncé de hausse des taux à court terme, la révision des perspectives de croissance et d’inflation a renforcé la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire de la Banque du Japon dans les prochains mois », abonde Lloyd Chan, de la banque MUFG.
« De plus, le refus des autorités japonaises de confirmer ou d’infirmer une intervention sur le marché des changes a accru la méfiance des marchés », ajoute-t-il.
La ministre des finances nippone, Satsuki Katayama, avait déjà assuré à la mi-janvier que Tokyo pourrait agir de façon « résolue » en considérant « toutes les différentes mesures disponibles » face à l’affaiblissement du yen (qui a perdu quelque 6 % de sa valeur en six mois), attisant les spéculations sur une future intervention du gouvernement sur le marché des changes.
Bourses et pétrole : la nervosité gagne les marchés
L’incertitude géopolitique et commerciale agitait également les places boursières asiatiques. A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a reculé en clôture de 1,78 %, à 52 885,25 points, et l’indice élargi Topix de 2,13 %, à 3 552,49 points.
La Bourse de Séoul a lâché 0,81 %. L’indice hongkongais Hang Seng abandonnait 0,10 % vers 7 h 30 (heure de Paris). la Bourse de Sydney était fermée, et celle Taipei a tenté de résister (+ 0,32 %).
Le marché pétrolier grimpait à nouveau, toujours renforcé par le déploiement de moyens navals américains supplémentaires au Moyen-Orient. Vers 7 h 30, le baril de WTI nord-américain gagnait 0,92 %, à 61,63 dollars (soit 52,35 euros). Celui de brent de la mer du Nord était en hausse de 0,88 %, à 66,46 dollars (soit 56,45 euros).

