Mahmoud Abbas s’adresse à la 79ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 26 septembre 2024, à New York.

L’Union européenne (UE) a appelé, samedi 30 août, les Etats-Unis à « reconsidérer » leur refus d’octroyer des visas aux responsables palestiniens qui prévoient d’assister en septembre à l’Assemblée générale des Nations unies à New York. « Nous demandons tous instamment que cette décision soit reconsidérée, compte tenu du droit international », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, qui s’exprimait à Copenhague après une réunion des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept.

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Washington a annoncé cette décision vendredi soir, à quelques semaines de l’Assemblée générale de l’ONU où la France plaidera pour la reconnaissance d’un Etat palestinien. Le département d’Etat américain a précisé « révoquer et refuser » l’octroi de visas « pour les membres de l’Organisation de libération de la Palestine [OLP] et de l’Autorité palestinienne [AP] » à l’approche de cette réunion internationale.

Samedi, après l’appel de l’UE à Washington à reconsidérer sa décision, le département d’Etat a précisé que les Etats-Unis ont refusé ou révoqué des visas à quelque 80 Palestiniens, dont le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

« Avant de pouvoir être prises au sérieux en tant que partenaires pour la paix, l’AP et l’OLP doivent répudier le terrorisme, les campagnes de guérilla judiciaire devant la CPI [Cour pénale internationale] et la CIJ [Cour internationale de justice], ainsi que la quête de la reconnaissance unilatérale de l’Etat » palestinien, a ajouté dans un communiqué le porte-parole adjoint du département d’Etat, Tommy Pigott.

En revanche, il a déclaré que la « mission de l’AP aux Nations unies » à New York, dont le chef est l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour, « recevrait des exemptions » de visas.

« Le siège de l’ONU est un lieu de neutralité »

Vendredi soir, l’Autorité palestinienne avait en retour exprimé « son profond regret et son étonnement » face à cette décision qui est « en contradiction avec le droit international », et a appelé Washington à « revenir » dessus.

« Nous appelons l’administration américaine à revenir sur sa décision. Cette décision ne fera qu’accroître la tension et l’escalade », a renchéri samedi auprès d’Associated Press le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeïna, à Ramallah. « Nous sommes en contact depuis hier avec les pays arabes et étrangers, notamment ceux directement concernés par cette question. Ces efforts se poursuivront vingt-quatre heures sur vingt-quatre », a-t-il déclaré.

Ce geste a aussi été dénoncé, samedi à Copenhague, par le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, selon qui « le siège des Nations unies est un lieu de neutralité (…) un sanctuaire, au service de la paix ». « Une assemblée générale des Nations unies ne saurait souffrir d’aucune restriction d’accès », a-t-il insisté.

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« On doit pouvoir discuter ensemble. On ne peut pas nous prendre en otage », a lancé de son côté son homologue luxembourgeois, Xavier Bettel, suggérant d’organiser à Genève (Suisse) une session spéciale de l’AG de l’ONU pour s’assurer de la présence des Palestiniens.

Cette mesure extraordinaire de Washington rapproche encore plus l’administration du président américain, Donald Trump, du gouvernement israélien. Ce dernier rejette catégoriquement l’idée d’un Etat palestinien et cherche à mettre sur le même pied l’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie, et le mouvement islamiste armé Hamas à Gaza.

La condamnation de ce refus de visas est un des rares sujets qui a fait l’unanimité parmi les 27 Etats membres de l’UE, samedi à Copenhague. Les dirigeants du bloc européen peinent à s’entendre depuis des mois pour sanctionner Israël face à la situation humanitaire catastrophique à Gaza, où l’ONU a déclaré l’état de famine en août.

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Le Monde avec AFP

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