- Le porte-avions et son escorte sont arrivés dans le Golfe persique, a annoncé lundi l’armée des États-Unis, en pleine poussée de fièvre avec Téhéran.
- L’USS Abraham Lincoln fait partie des « plus grands navires de guerre au monde », selon les forces américaines.
- Avec sa capacité de chargement impressionnante, il avait déjà été déployé lors de récentes guerres dans la région.
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Le second mandat de Donald Trump
Depuis plusieurs jours déjà, la tension est à son comble dans le Golfe persique. Après l’annonce par Donald Trump de l’envoi de moyens militaires conséquents, le porte-avions américain Abraham Lincoln et son escorte (nouvelle fenêtre) sont arrivés sur place, a annoncé lundi 26 janvier le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). L’objectif est selon lui de « promouvoir la sécurité et la stabilité régionales »
. Mais dans les faits, Washington espère surtout maintenir la pression sur l’Iran (nouvelle fenêtre) avec ce navire de guerre colossal, qui venait de mener des opérations dans l’océan Indien.
L’USS Abraham Lincoln, aussi appelé CVN 72, est le cinquième porte-avions américain de classe Nimitz, qui regroupe des porte-avions géants à propulsion nucléaire, « les plus grands navires de guerre au monde »
, détaille le site (nouvelle fenêtre) du commandant américain des forces aériennes navales. Il doit son nom au 16ᵉ président des États-Unis, qui a gouverné entre 1861 et 1865.
Des dimensions vertigineuses, des milliers de militaires et de marins…
Les navires de classe Nimitz « soutiennent et exploitent des avions qui mènent des attaques contre des cibles aériennes, maritimes et terrestres qui menacent la libre utilisation de la mer »
, ou encore à des opérations de sécurisation maritime, explique le site. Ils peuvent aussi être mobilisés pour « des opérations de projection de puissance »
, en soutien aux forces américaines, ce qui semble bien être le cas actuellement dans le Golfe persique.
Les dimensions de l’USS Abraham Lincoln sont particulièrement saisissantes : il mesure près de 333 mètres de longueur, soit plus de trois terrains de foot, avec un pont d’envol de 78 mètres de large, détaille le compte Facebook officiel (nouvelle fenêtre) du porte-avions. Au niveau de la hauteur, il s’étire à 67 mètres, de la quille au mât. Ce monstre des mers peut transporter jusqu’à 97.500 tonnes, à l’aide de quatre hélices de 6,4 mètres de haut, pesant chacune 11 tonnes, égrène le site d’une sénatrice américaine (nouvelle fenêtre). Ses deux ancres pèsent à elles seules 30 tonnes chacune.
Quant à ses capacités militaires, le navire peut accueillir jusqu’à 90 aéronefs, selon le magazine Forbes
(nouvelle fenêtre), qui le décrit comme une « véritable base aérienne »
sur les eaux. D’après l’agence AP News (nouvelle fenêtre), il transporte actuellement dans le Golfe persique plusieurs escadrons, dont des chasseurs F-35 et F/A-18 Super Hornet. Il est escorté par des destroyers, qui ont été chargés avec des centaines de missiles, dont des dizaines de missiles de croisière Tomahawk (nouvelle fenêtre). De quoi mettre une pression considérable sur l’Iran, dans la ligne de mire de Washington.
Avec des dimensions et une capacité de chargement si colossales, la logistique est un véritable enjeu. Des milliers de personnes travaillent à bord : 3.200 membres d’équipage et 2.480 membres de l’escadre aérienne, détaille Forbes
. On y trouve même un bureau de poste « avec son propre code postal »
, des radios et des chaînes de télévision, un journal, une bibliothèque, un hôpital, des salons de coiffure… Bref, une véritable ville flottante.
Un porte-avions déjà déployé lors de l’invasion de l’Irak
La construction du CVN 72 remonte à plus de 40 ans : la quille du porte-avions a été posée le 3 novembre 1984 en Virginie, et il fut mis en service cinq ans plus tard, selon le commandant américain des forces aériennes navales. Au fil des décennies, il a été mobilisé sur plusieurs théâtres d’opération stratégiques pour les Américains, et notamment dans le Golfe persique, à plusieurs reprises déjà. Il y avait été déployé par George Bush et utilisé pour bombarder l’Irak après l’invasion irakienne du Koweït en août 1990, lors de la Première Guerre du Golfe.
Quelques années plus tard, il est aussi mobilisé lorsque Washington envahit l’Irak (nouvelle fenêtre), une opération lancée en mars 2003. Le président américain de l’époque avait même proclamé la fin des principaux combats sur le pont d’envol du navire, devant une banderole « Mission accomplie »
. Plus récemment, en 2019, il avait également été déployé au Moyen-Orient, lors d’un précédent regain de tension entre l’Iran et les États-Unis.
La région retient désormais son souffle, après les menaces répétées de Donald Trump d’intervention militaire contre Téhéran ces dernières semaines. Mais le chef de la Maison-Blanche a aussi ouvert la porte à des négociations : « ils veulent parler »
, a-t-il assuré au média américain Axios, laissant un suspense complet sur le cours des prochaines heures et des prochains jours.

