
Sébastien Lecornu a annoncé mercredi 25 mars de nouvelles commandes de munitions, dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), dont l’examen au Parlement va être « accéléré » pour tenir compte de la guerre au Moyen-Orient.
Le gouvernement doit présenter au printemps un projet d’actualisation de la LPM ajoutant 36 milliards d’euros aux 413 milliards déjà prévus sur la période 2024-2030. Mais son examen va être accéléré compte tenu du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran, qui a depuis répliqué et visé des pays du Golfe alliés de la France, venue à leur aide.
La LPM mise à jour sera présentée en conseil des ministres le 8 avril, puis inscrite la semaine du 4 mai à l’Assemblée nationale et du 1er juin au Sénat, a précisé le premier ministre devant l’Assemblée nationale, lors d’un débat sans vote sur cette crise à la fois militaire et énergétique.
M. Lecornu a souligné l’« urgence » de produire des munitions, alors que la situation est particulièrement critique pour la France, aujourd’hui l’un des pays européens les plus impliqués dans ce conflit, avec le Royaume-Uni, en raison d’accords de défense avec plusieurs Etats au Moyen-Orient, dont certains contiennent des clauses dites d’« assistance » au contenu classifié.
« L’urgence, ce sont évidemment les munitions. Nous prévoyons d’investir 8,5 milliards d’euros supplémentaires de commandes entre 2026 et 2030, qui s’ajoutent aux 16 milliards de la LPM votée en 2023 », a promis M. Lecornu. « C’est indispensable » et « colossal », a-t-il insisté. M. Lecornu avait déjà souligné en décembre « l’urgence à reconstituer [les] stocks » et proposé « un passage à l’échelle de la production en masse de drones ».
Le premier ministre doit réunir jeudi plusieurs ministres à Matignon pour faire le point sur cette « économie de guerre » et la capacité des industriels à répondre à ces commandes.
Nouvelle usine de production de drones
Avec ces nouvelles commandes, la France aura consacré aux munitions « un effort financier quatre fois plus important que la précédente » LPM, a insisté mercredi le chef du gouvernement, qui inaugurera prochainement dans l’Essonne une nouvelle usine de production de drones.
Il a aussi annoncé la création d’une plateforme « France Munitions », qui sera « un grossiste de munitions » financé à la fois par l’Etat et par des investisseurs privés, ainsi qu’un plan de soutien à l’industrie « duale » [civile et militaire] de 300 millions d’euros.
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La LPM actualisée prévoit également un « nouveau régime “d’état d’alerte de sécurité nationale” », pour une application exceptionnelle du code de la défense. En cas de menace grave, il permettra de déroger aux normes ou de faciliter le déploiement des forces armées sur le territoire, a détaillé Matignon.
L’actualisation de la LPM fait relativement consensus chez les députés, qui ont tous rendu hommage au major Arnaud Frion, mort en Irak dans une attaque de drone perpétrée par une milice pro-iranienne, et demandé davantage d’aide pour le Liban.
Sébastien Lecornu a estimé que les déclarations de l’Iran sur la possibilité que des navires « non hostiles » puissent passer par le détroit d’Ormuz, où transite en temps normal un cinquième du pétrole mondial, étaient « peut-être un signe d’un changement de phase dans cette crise ». En attendant, « nous devons tout faire pour que cette crise de circulation ne devienne pas une crise de production », a-t-il ajouté.
Astreint à la discipline budgétaire, le gouvernement n’envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les carburants et préfère pallier les difficultés de trésorerie des secteurs touchés. Des propositions sont toutefois à l’étude pour les professionnels « grands rouleurs ».

