L’interminable feuilleton budgétaire entre enfin dans sa dernière ligne droite. Après quelques recours à l’article 49.3 de la Constitution, dont les vertus sont hypocritement redécouvertes, et le baroud d’honneur de motions de censure sans lendemain, la France est sur le point de se doter d’une loi de finances pour 2026. Un texte sans consistance qui donne l’illusion d’un cadre financier pour un pays sans majorité, sans cap, ni priorités, mais plus que jamais surendetté.

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, rêvait d’un compromis fécond, il n’a abouti qu’à une cote mal taillée obtenue de guerre lasse. Chaque parti se rejette désormais la responsabilité du résultat final. Tout avait été conçu pour que ceux qui avaient encore envie de faire avancer le pays revendiquent leurs petites victoires acquises de haute lutte. Mais, à l’arrivée, c’est le recensement des reniements qui domine. La France insoumise et le Rassemblement national comptent les points en se réjouissant du sentiment de frustration général.

Actant une équation politique impossible dans un paysage politique morcelé, la solution a consisté à se résoudre à jouer à qui perd gagne. Il y a dix jours, Sébastien Lecornu a annoncé d’un air contrit, dans la pénombre du perron de Matignon, le résultat des courses : un panachage sans panache de solutions qui ne font que cacher la misère d’un logiciel politique obsolète, et de finances publiques à court d’argent.

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Dans le palmarès annoncé, le Parti socialiste s’est taillé la part du lion, avec une augmentation de la prime d’activité, les repas à 1 euro pour les étudiants, qui s’ajoutent à la suspension de la réforme des retraites et au renoncement au doublement des franchises médicales actés fin décembre 2025 par la loi de financement de la Sécurité sociale. Les Républicains ont réussi à sauver l’abattement fiscal pour les retraités et l’indexation sur l’inflation du barème de l’impôt sur le revenu. Renaissance se contentera de la préservation des allégements de charges sur les salaires. La réduction des dépenses, elle, est réduite au strict minimum.

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