Maxence Muzaton après sa 3e place sur la descente de Kitzbühel (Autriche), le 24 janvier 2026.

Maxence Muzaton a choisi le moment idoine pour marquer les esprits. A 35 ans, le skieur de La Plagne (Savoie) n’avait encore jamais fait mieux que 5e en descente, sa spécialité, lors d’une épreuve de la Coupe du monde de ski alpin. Samedi 24 janvier, sur la mythique Streif de Kitzbühel (Autriche), il est monté pour la première fois sur le podium dans une épreuve de vitesse, terminant à une inattendue 3e place, derrière l’Italien Giovanni Franzoni (1er) et le Suisse Marco Odermatt (2e).

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« Un podium ici, ça faisait partie de mes deux plus grands rêves, a-t-il savouré après la course. Vivre une journée comme ça, ça récompense pas mal d’efforts tout au long d’une carrière. Le parcours n’a pas été très linéaire. » Parti avec le dossard nº29, Maxence Muzaton a non seulement réalisé la plus belle course de sa vie – célébrée comme une victoire dans l’aire d’arrivée – mais également compliqué un peu plus la tâche du staff de l’équipe de France masculine.

Ce dernier planche, depuis plusieurs jours déjà, sur l’identité des skieurs tricolores qui représenteront leur pays aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina (du 6 au 22 février 2026). La Fédération française de ski (FFS) doit communiquer, lundi, cette liste de sept noms – contre dix aux JO de Pékin 2022. Un quota restreint, dont le nombre a été déterminé par un calcul lié aux performances réalisées par les Français depuis juillet 2024. « On devra faire une sélection très stricte », a reconnu David Chastan, directeur du ski alpin à la FFS, au micro d’Eurosport, vendredi, en marge de l’épreuve de Super-G de Kitzbühel.

Au terme de cette course, le Français Blaise Giezendanner s’était ému de ce quota, qui fera inévitablement des déçus : « C’est triste et je ne parle pas pour moi… Je n’ai vraiment pas la prétention d’y être. Mais il y a des gars qui font de supers courses cet hiver et qui ne vont pas aller aux JO. » Concernant les épreuves de vitesse (Super-G et descente), Maxence Muzaton a peut-être rebattu les cartes au dernier moment, avec sa 3e place, la meilleure performance d’un Français cette saison.

« Claquer un podium, c’est toujours différent »

« Je me suis dit que depuis le début du mois de janvier, je faisais des bonnes choses. De claquer un podium, c’est toujours différent », a souligné Maxence Muzaton après sa course. Jusque-là, Nils Allègre (4e à Val-Gardena en descente et en Super-G, 5e en descente à Kitzbühel), Nils Alphand (4e et 5e à Val-Gardena en descente) et Matthieu Bailet (5e en Super-G à Val-Gardena) tenaient la corde pour les deux ou trois tickets réservés aux spécialistes des épreuves de vitesse.

Les géantistes pourraient pâtir de ces performances, si le staff de l’équipe de France décide de n’en retenir qu’un. Dans ce cas, Alexis Pinturault serait le grand perdant. Le vainqueur du gros globe de cristal en 2020-2021, double médaillé olympique de bronze en slalom géant aux JO de Sotchi 2014 et de Pyeongchang 2018, n’a pas terminé une seule fois dans le top 10 depuis le début de la saison. Au contraire de Léo Anguenot, 3e du géant à Adelboden (Suisse), et de Thibaut Favrot, 5e à Sölden (Autriche).

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En slalom, deux skieurs sont quasiment assurés de disputer les JO de Milan-Cortina : Clément Noël, champion olympique en titre et vainqueur à Madonna di Campiglio (Italie) cette saison, tout comme Paco Rassat, qui s’est imposé deux fois à Gurgl (Autriche) et Adelboden. Steven Amiez et Victor Muffat-Jeandet devront réaliser une grande performance, dimanche lors du slalom de Kitzbühel, pour instiller encore un peu plus le doute dans l’esprit des décideurs et espérer se glisser dans la liste des skieurs retenus.

Outre les quatre disciplines individuelles (Super-G, géant, slalom et descente) de ski alpin aux JO, le staff de l’équipe de France doit également prendre en compte le combiné par équipes – qui allie un spécialiste de vitesse et un slalomeur –, nouvelle épreuve au programme olympique. Une donnée non négligeable dans la quête de médailles et de quoi donner des maux de tête, jusqu’au bout, aux responsables du ski alpin à la FIS.

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