L’œnologue Michel Rolland, au Château La Dominique, à Saint‑Emilion (Gironde), le 3 avril 2013.

Il a transformé l’obscur métier d’œnologue en consultant lumineux et convoité, écouté, faisant le goût du vin. Pendant plus d’un demi-siècle, il a conseillé plusieurs centaines de propriétés viticoles, d’abord dans le Bordelais, où il habitait, et plus largement sur tous les continents, y compris sur des terres où le vin n’existait pas avant son arrivée, comme en Chine ou en Inde. Il a imposé un style de vin, charpenté, qui toujours passionne et divise, mais qui a fait triompher le Bordelais dans les années 1980. Cet hédoniste n’était pas seulement réputé pour ses vinifications et assemblages de cépages, mais aussi pour son sens du commerce. Michel Rolland est mort dans la nuit du 19 au 20 mars d’une crise cardiaque. Il avait 78 ans.

Né la veille de Noël du millésime mythique 1947, une date dont il était fier, cet enfant de la campagne de Pomerol, réputée appellation bordelaise sur la rive droite de la Gironde, a grandi dans le château viticole et familial Le Bon Pasteur, où il participe aux vendanges, goûte les crus maison et ceux de la région, tout en chassant le petit gibier. Afin de reprendre le domaine avec son frère, il fait ses classes à l’université d’œnologie de Bordeaux où il est l’élève du célèbre Emile Peynaud (1912-2004) surnommé « le père de l’œnologie moderne ».

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