• Le président américain a estimé, mardi, que l’infirmier tué à Minneapolis par des agents fédéraux n’aurait pas dû porter d’arme au cours de la manifestation.
  • Il a toutefois qualifié la mort d’Alex Pretti « d’incident très malheureux ».

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La police de l’immigration de Donald Trump de plus en plus dénoncée

Les armes autorisées aux États-Unis… sauf dans les manifestations ? Mardi 27 janvier, Donald Trump est revenu sur la mort d’Alex Pretti, infirmier de 37 ans tué par des agents fédéraux à Minneapolis lors d’une manifestation contre la présence de la désormais célèbre ICE dans la ville. La victime portait de manière légale un pistolet sur lui samedi lorsqu’il a été tué, ce dont certains responsables américains se sont servis pour défendre l’action des agents fédéraux, le conseiller du chef de l’État Stephen Miller qualifiant même la victime « d’assassin ».

Si le président américain a refusé de reprendre ces termes, il a qualifié les événements de samedi « d’incident très malheureux » tout en estimant qu’il « ne faut pas avoir des armes, arriver avec une arme » dans une manifestation. « Il ne faut pas faire ça », a-t-il assuré alors que de nombreux élus et organisations ont défendu le droit constitutionnel de la victime à en porter une.

Porter une arme à feu n’est pas une condamnation à mort

Le député républicain Thomas Massie

« Vous ne devriez pas vous pointer avec des armes » à une manifestation, avait déjà soutenu dimanche sur Fox News la ministre Kristi Noem, qui avant cela avait accusé Alex Pretti de « terrorisme » car il s’apprêtait selon elle à mettre en danger les agents avec ce pistolet. Sur la même chaîne, le chef du FBI, Kash Patel, avait estimé « qu’aucune personne voulant être pacifique n’arrive à une manifestation avec une arme chargée et deux chargeurs remplis ». « Ce n’est pas une manifestation pacifique », avait ajouté ce fidèle de Donald Trump.

Bill Essayli, un procureur fédéral en Californie, a de son côté déclaré sur X que « si vous approchez des membres des forces de l’ordre avec une arme, il y a de fortes probabilités qu’ils auront légalement raison de vous abattre ». Leurs déclarations ont suscité les protestations d’associations de défense du port d’arme, dont l’organisation Guns Owners of America, qui a rejeté l’idée que les policiers étaient dans le droit de tirer sur des personnes portant une arme légalement. « Le Deuxième amendement de la Constitution protège le droit des Américains à porter des armes pendant qu’ils manifestent – un droit sur lequel le gouvernement fédéral ne doit pas empiéter », a déclaré GOA. 

La National Rifle Association (NRA), lobby américain pro-armes, a elle qualifié de « dangereux et faux » les propos du procureur Essayli. Rare voix dans son camp à s’élever contre le discours des autorités, le député républicain Thomas Massie a quant à lui déclaré sur X : « Porter une arme à feu n’est pas une condamnation à mort. » 

À gauche, certains ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une hypocrisie des conservateurs, qui avaient érigé en héros Kyle Rittenhouse. En 2020, ce jeune américain était venu à une manifestation antiraciste armé d’un fusil semi-automatique pour « protéger » les commerces des manifestants. Dans des circonstances confuses, il avait ouvert le feu et tué deux personnes. Plaidant la légitime défense, il avait été acquitté un an plus tard et est devenu depuis un militant proche des causes trumpistes. 

A.B. avec AFP

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