- Baptiste, 12 ans, est mort le 1er décembre 2020 lors d’une séance de sport à Bons-en-Chablais en Haute-Savoie.
- L’adolescent était pourtant dispensé de toute activité physique par son médecin.
- Le professeur d’EPS a été condamné ce mardi à 18 mois de prison avec sursis. Il va faire appel.
Un drame qui n’aurait jamais dû arriver. Le 1ᵉʳ décembre 2020, Baptiste, 12 ans, avait été amené à participer à une épreuve d’endurance dans le cadre d’un cours d’éducation physique et sportive (EPS) dans son collège de Bons-en-Chablais en Haute-Savoie.
L’adolescent en classe de 5ᵉ n’aurait pourtant jamais dû en être ce jour-là, son cardiologue lui ayant délivré, pour l’année scolaire 2020-2021, un certificat médical pour le dispenser de sport, car souffrant d’une pathologie grave : une cardiomyopathie hypertrophique congénitale.
Pendant la séance, devant ses camarades, le jeune garçon avait ralenti sa course, avant de s’effondrer, victime d’un malaise cardiorespiratoire sur le terrain. Les secours avaient réussi dans un premier temps à faire repartir son cœur, après un massage cardiaque. Mais Baptiste n’a pas survécu, il est décédé le lendemain à l’hôpital universitaire de Genève où il avait été héliporté.
Une condamnation plus de 5 ans après les faits
Une enquête puis une information judiciaire avaient été ouvertes après ce décès du jeune garçon. À l’issue, le professeur d’EPS a été renvoyé devant la justice pour « homicide involontaire »,
pour « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité dans l’exercice de ses fonctions ».
Les investigations ont en effet établi que l’adolescent, comme tous les élèves dispensés de sport pour raison médicale, avait pour obligation d’assister au cours – en tenue de sport – et de participer à des tâches « annexes »
comme le chronométrage.
Jugé le 25 novembre dernier par le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains, son professeur d’EPS a plaidé aux côtés de son avocate la relaxe. À la barre, le quinquagénaire a affirmé avoir été informé « entre deux portes »
par son élève qu’il avait un « problème cardiaque »
mais avoir ignoré qu’il était en possession d’une dispense de sport. Il a également regretté de devoir « assumer tout seul ce drame »
, sans la communauté éducative à ses côtés, rapporte l’AFP.
« Le principal du collège, la CPE et l’infirmière scolaire ont bénéficié d’un non-lieu, confirmé par un arrêt de la chambre de l’instruction en date du 25 novembre 2024, malgré l’appel des parents de Baptiste qui sollicitaient la mise en examen de ces personnels »
, rappelle Me Hervé Gerbi, avocat de la famille de Baptiste dans un communiqué transmis à TF1info.
Après avoir mis sa décision en délibéré, le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a déclaré ce mardi 27 janvier 2026 le professeur d’EPS coupable d’« homicide involontaire »
et l’a condamné à une peine de 18 mois d’emprisonnement assortie d’un sursis simple, a appris notre rédaction dans la matinée.
De la colère côté défense et partie civile
Les parents de l’enfant, Xavier Ledoux et Mélanie Jacques, n’ont pas caché leur colère après cette décision.« Qui peut se contenter d’une peine aussi faible ? (…) 18 mois avec sursis pour la mort d’un gamin de 12 ans, c’est très peu payé »,
a réagi le père de Baptiste après le rendu de la décision. « On ne va pas s’arrêter là, on va continuer, on va donc aller vers une plainte contre l’Éducation nationale »,
a-t-il annoncé à l’AFP.
Une intention confirmée par Me Gerbi dans un communiqué transmis à la presse ce mardi. « Les parents entendent désormais tirer toutes les conséquences des éléments établis par la procédure pénale afin d’engager la responsabilité de l’État dans le décès de leur fils, devant les juridictions compétentes »
, explique ainsi la robe noire.
La défense ne compte pas en rester là non plus. Le professeur « était le coupable idéal, le coupable tout désigné (…) L’Éducation nationale est totalement absente
« , a ainsi déploré de son côté l’avocate du prévenu, Me Mathilde Reboux, précisant que son client faisait appel de la décision rendue ce jour.
« L’appel immédiatement formé par le prévenu s’inscrit dans une logique jusqu’au-boutiste, révélatrice de son incapacité persistante à mesurer la gravité de ses fautes, malgré une condamnation pourtant clémente. Pour les parents, cette décision, aussi douloureuse qu’attendue, prolonge une épreuve judiciaire déjà longue et éprouvante »,
a regretté Me Gerbi quelques minutes après cette annonce.

