Diego Maradona n’avait aucune trace de drogue ni d’alcool dans le sang au moment de sa mort en 2020.
C’est qu’a affirmé, mardi, un médecin légiste au procès de l’équipe soignante de l’ex-idole du football argentin.
Les analyses ont en revanche révélé cinq substances de médicaments antidépresseurs, antiépileptiques, antipsychotiques et antinauséeux.

Leurs analyses sont attendues par tout un pays. Pour la quatrième semaine du procès de l’équipe soignante de Diego Maradona, décédé le 25 novembre 2020 d’une crise cardiorespiratoire compliquée d’un œdème pulmonaire aigu, sept praticiens sont appelés à témoigner. Et leurs analyses pourraient permettre de mieux comprendre les circonstances de la mort de l’ex-idole du football argentin. 

Mardi 1er avril, l’expert-légiste biochimiste Ezequiel Ventosi a ainsi indiqué que Maradona, connu pour ses nombreuses dépendances, n’avait aucune trace de drogue ni d’alcool dans le sang au moment de sa mort. « Aucun des quatre échantillons n’a révélé trace de cocaïne, de marijuana, de MDMA, d’ecstasy ou d’amphétamine », ni d’alcool, a déclaré l’expert-légiste qui a analysé les prélèvements de sang, d’urine et muqueuse de l’Argentin après sa mort.

Les analyses ont par contre détecté cinq substances correspondant à des médicaments antidépresseurs, antiépileptiques, antipsychotiques et antinauséeux. L’anatomopathologiste Silvana de Piero, qui a analysé les organes, a pour sa part témoigné mardi que le foie présentait des signes compatibles avec une cirrhose, les reins une insuffisance, les poumons une pathologie chronique et le cœur des signes d’insuffisance.

Un environnement sous-équipé

Cinq autres témoignages de médecins, psychiatre, psychologue, infirmiers sont attendus dans ce procès pour « homicide avec dol éventuel », caractérisé lorsqu’une personne commet une négligence, tout en sachant qu’elle peut entraîner la mort. Légende du football mondial, Diego Maradona est décédé dans une résidence privée de Tigre (nouvelle fenêtre) (près de Buenos Aires) où il était en convalescence après une neurochirurgie pour un hématome à la tête.

Depuis le début du procès, les premiers témoins, cités par l’accusation, ont décrit un environnement sous-équipé médicalement, inadapté à une convalescence, des signaux cliniques qui auraient dû alerter l’équipe soignante, une agonie qui pourrait avoir duré 12 heures. Mardi a aussi été lu le témoignage de l’ancien médecin personnel de Maradona pendant 30 ans, jusqu’en 2009, Alfredo Cahe, décédé en 2024. En 2021, il avait raconté à l’enquête que « tout lui paraissait étrange » dans l’environnement médical de la star, qu’on ne l’avait laissé voir qu’une fois en convalescence, environ deux semaines avant le décès.

À ses questions précises à l’équipe soignante, il n’avait obtenu que des réponses « vagues », avait-il expliqué. « N’importe quel médecin traitant Maradona savait que la première chose à traiter était le cœur » et le lieu de sa convalescence « était le moins indiqué possible, car il aurait dû être en thérapie intensive (…) avec contrôle du cœur constant et continu », avait-il aussi souligné. Les sept praticiens jugés, qui nient toute responsabilité dans le décès, encourent de 8 à 25 ans de prison, dans un procès devrait durer jusqu’en juillet, à raison de deux audiences par semaine.

A.B. avec AFP

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