Manifestation, deux ans après la mort de Nahel, 17 ans, tué lors d’un contrôle routier, à Nanterre, le 27 juin 2025.

Le parquet général de Versailles a déclaré, lundi 16 mars, avoir formé un pourvoi en cassation contre la requalification des faits à l’encontre du policier, initialement poursuivi pour meurtre, ayant tué en 2023 le mineur de 17 ans, Nahel.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Mort de Nahel : pourquoi le policier ne sera finalement pas jugé pour meurtre mais pour « violences ayant entraîné la mort »

Le 5 mars, la cour d’appel de Versailles a ordonné que le policier mis en cause, Florian M. soit finalement jugé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Contestant cette décision, « le parquet général de la cour d’appel de Versailles a formé un pourvoi en cassation le 13 mars », a-t-il affirmé dans un communiqué, sans préciser dans ce texte la nature de ses réquisitions lors de l’audience devant la chambre de l’instruction.

L’avocat du policier, Mᵉ Laurent-Franck Liénard, qui espère un non-lieu, a également formé un pourvoi. « On aura compris que, dans ce dossier, la pression politique pollue grandement l’analyse juridique. Espérons que la Cour de cassation, gardienne du droit, y mettra bon ordre », a-t-il commenté sur son compte Facebook.

« Qualification au rabais »

Du côté des parties civiles, Mᵉ Frank Berton, qui défend la mère de Nahel, a déclaré à l’Agence France-Presse avoir inscrit un pourvoi, de même que Mᵉ Margot Pugliese qui défend plusieurs membres de la famille de l’adolescent. « Cette qualification au rabais trahit la nature de l’intention du policier, auteur du tir mortel : la cour d’appel a pourtant relevé que l’intention homicide était classiquement retenue dès lors qu’une arme de poing était utilisée à faible distance dans une zone létale », a expliqué Mᵉ Pugliese, dans un communiqué.

Lire notre récit | Article réservé à nos abonnés Mort de Nahel à Nanterre, aux racines d’un embrasement

Interrogées sur un éventuel pourvoi, les avocates des deux passagers du véhicule que conduisait Nahel au moment des faits, Mes Pauline Rainaut et Karen Noblinski, n’ont pas répondu dans l’immédiat.

Nahel a été tué le 27 juin 2023 d’une balle tirée par un policier qui contrôlait le véhicule qu’il conduisait. Le 3 juin 2025, deux juges d’instruction avaient ordonné le renvoi du fonctionnaire auteur du tir devant la cour d’assises pour meurtre, conformément aux réquisitions du parquet de Nanterre. Le policier avait fait appel de cette ordonnance.

Devenu symbole des violences policières, la mort de Nahel avait été à l’origine de plusieurs nuits d’émeutes à travers la France.

Lire aussi le reportage (2024) | Article réservé à nos abonnés A Nanterre, un an après la mort de Nahel, le sentiment d’injustice demeure

Le Monde avec AFP

Share.
Exit mobile version