• Une personne a été infectée par le virus du chikungunya dans le Tarn, la première contamination locale détectée cette année dans l’Hexagone.
  • Jusque-là, les cas recensés étaient « importés » par des voyageurs de retour en France.
  • Le réchauffement climatique facilite l’implantation du moustique tigre en Europe.

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Les moustiques tigres ne se contentent plus des zones tropicales. Un premier cas de contamination locale de chikungunya et un deuxième cas autochtone d’infection par le virus du Nil occidental ont été identifiés ces derniers jours dans le sud de la France, rapporte ce mercredi 29 juillet Santé publique France.

Le virus, transmis par le moustique tigre, a été identifié dans le Tarn (Occitanie). « Il s’agit de la première détection de la circulation du virus chikungunya en France hexagonale, en 2026« , indique l’agence sanitaire nationale dans son bilan hebdomadaire. Jusque-là, les autres cas recensés étaient des cas « importés », concernant des personnes ayant voyagé dans des régions du monde où ces virus circulent de manière endémique.

Selon les spécialistes, les cas autochtones s’expliquent par les fortes chaleurs qui sont, comme ailleurs en Europe, plus précoces, plus fréquentes et plus intenses. Cumulé à la mondialisation et à l’urbanisation, le réchauffement climatique facilite l’implantation du moustique tigre dans des régions d’où il était absent il y a quelques décennies. Autrefois circonscrit aux régions tropicales et subtropicales, le moustique tigre est ainsi implanté à ce stade dans 83 départements de France métropolitaine. Et sa période d’activité s’étend désormais de mai à novembre.

Trois maladies transmises par le moustique tigre

Un deuxième cas local d’infection par le virus du Nil occidental a, de son côté, été détecté dans les Bouches-du-Rhône (Provence-Alpes-Côte d’Azur), après un premier cas mi-juillet, dans les Pyrénées-Orientales (Occitanie). C’est un arbovirus principalement transmis par des moustiques, pouvant provoquer des atteintes neurologiques chez l’Homme. Il touche principalement les oiseaux, mais peut aussi infecter l’Homme et le cheval. En France, il est régulièrement mis en évidence sur le bassin méditerranéen.

Ces cas de contamination autochtone s’ajoutent à deux autres cas de dengue, « sans lien entre eux« , recensés la semaine dernière dans le Tarn et dans l’Hérault (Occitanie). Dans le détail, 87 cas importés de chikungunya, 261 de dengue et 9 de Zika, trois maladies transmises par le moustique tigre, ont été identifiés par l’agence sanitaire entre le 1ᵉʳ mai et le 26 juillet.

Plus de 800 cas autochtones enregistrés l’an dernier

L’an dernier, plus de 800 cas autochtones de chikungunya et 29 cas autochtones de dengue avaient été recensés en France hexagonale, ainsi que 62 cas autochtones de fièvre « West Nile », dans 17 départements métropolitains, avec des cas en Île-de-France ou Normandie pour la première fois.

En mai, le ministère de la Santé avait adressé aux professionnels de santé un « appel à une vigilance renforcée » sur ces arboviroses dans l’Hexagone, dans un message urgent émis par la Direction générale de la Santé. 

La dengue et le chikungunya pourraient devenir endémiques en Europe, a alerté au printemps 2025 une étude publiée dans la revue Lancet Planetary Health. Dans les zones où le moustique tigre s’est établi, il peut ne s’écouler qu’une année entre deux flambées de dengue ou de chikungunya, « probablement en raison de l’évolution des conditions climatiques« , et cette récurrence est « renforcée par la fréquence des déplacements humains« , selon les auteurs de ces travaux.

L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite au monde, sous l’effet de multiples facteurs : proximité de l’Arctique, changements de circulation atmosphérique ou baisse de la pollution de l’air.

L.F avec AFP

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