- Le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient a obligé plusieurs pays à prendre des décisions drastiques.
- Au Sénégal, le gouvernement a par exemple suspendu les voyages « non essentiels » de ses ministres à l’étranger.
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Plus d’un mois de guerre au Moyen-Orient
Une guerre aux conséquences économiques mondiales. Après plus d’un mois de conflit au Moyen-Orient, plusieurs pays ont décidé de prendre des décisions radicales pour amortir le choc énergétique. Des voyages suspendus au Sénégal, des vols limités en Asie ou une semaine de travail raccourcie… À chacun sa solution.
Les commerces fermés au Caire
Le Caire plongé dans le noir. Un arrêté d’un mois impose désormais aux commerces de fermer à 21h en semaine et 22h le week‑end, avec un bref assouplissement à 23h la semaine prochaine pour la Pâque copte. Le changement est brutal dans une ville célèbre pour ne jamais dormir la nuit : le jeudi soir, veille de week-end, les rues bourdonnent, entre ceux qui font du lèche-vitrine, ceux qui dînent, ceux qui discutent dans les cafés et ceux qui s’engluent dans les embouteillages. Maintenant, les soirées se résument à une dernière heure frénétique de courses avant que les lumières ne s’éteignent et que les rideaux métalliques ne claquent.
Le Sénégal suspend les voyages pour ses ministres
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a décidé de suspendre les voyages « non essentiels » à l’étranger des membres de son gouvernement, en raison de l’endettement élevé du pays. « J’ai pris un certain nombre de mesures de restriction drastique de tout ce qui concerne les dépenses du gouvernement »
dont « l’annulation de toutes les missions non essentielles à l’étranger »
de ses membres, a déclaré Ousmane Sonko dans une vidéo publiée samedi sur les réseaux sociaux. Il a annoncé avoir renoncé aux voyages qu’il devait lui-même effectuer le 8 avril au Niger et le 18 avril en Espagne dans le cadre de ses fonctions. Le « meeting politique
» que son parti devait organiser le 19 avril à Paris est également annulé, a dit Ousmane Sonko.
Hausses des tarifs et limitation des vols en Asie
La plus grande compagnie aérienne à bas prix d’Asie du Sud-Est, AirAsia, a annoncé lundi augmenter le prix de ses billets jusqu’à 40% et réduire ses liaisons afin d’amortir l’effet de la guerre. La compagnie low-cost basée en Malaisie a indiqué à la presse qu’environ 10% de l’ensemble de ses vols avaient été supprimés à ce jour. AirAsia, qui dessert plus de 150 destinations dans 25 pays, est en mesure de répartir ses opérations sur des liaisons « où nous pouvons récupérer les surcharges carburant élevées »
, a souligné la directrice commerciale du groupe, Amanda Woo. Les prix des billets ont augmenté d’environ « 31 à 40% »
, a-t-elle précisé, tandis que les surcharges carburant ont été relevées de 20%.
Le Népal limite sa semaine de travail
Le gouvernement du Népal a annoncé dimanche la réduction de six à cinq jours de la semaine de travail dans la fonction publique afin de préserver ses réserves de carburant. « Étant donnée la situation inconfortable causée par les difficultés d’approvisionnement en pétrole, l’administration et les écoles seront fermées deux jours par semaine
« , a indiqué le porte-parole du gouvernement, Sasmit Pokharel, à l’issue d’un conseil des ministres.
Confronté à la hausse mondiale des prix du pétrole, les autorités de Katmandou ont été contraintes cette semaine de doubler les prix du kérosène. Depuis la mi-mars, elles ont aussi restreint la distribution du gaz utilisé pour la cuisson en ne vendant plus que des bonbonnes à demi-pleines.
Le Sri Lanka augmente le prix du gaz
Le Sri Lanka a annoncé lundi une nouvelle hausse de plus de 20% des prix du gaz de pétrole liquéfié (GPL) en raison de la hausse de ses cours sur les marchés mondiaux. Le pays importe la totalité de ses besoins en pétrole et en gaz, et du charbon pour la production d’électricité. Le blocus de fait du détroit d’Ormuz a mis à mal ses approvisionnements et contraint son gouvernement à augmenter le prix des carburants et de l’électricité ou à imposer la semaine de quatre jours dans la fonction publique pour réduire sa consommation. Le gouvernement avait déjà décrété le mois dernier une hausse de 8% du prix des bouteilles de gaz utilisées par de nombreuses familles pour cuisiner.
Les transports gratuits au Pakistan
Les transports en commun dans Islamabad seront gratuits à partir de samedi, a annoncé le ministre de l’Intérieur pakistanais, après que le gouvernement a fortement augmenté les prix du carburant. Le gouvernement y contribuera à hauteur de 350 millions de roupies (environ 1,25 million de dollars), a écrit vendredi sur X Mohsin Naqvi. Cette annonce fait suite à une décision d’imposer une hausse de 42,7% du prix de l’essence et de 54,9% de celui du gasoil, qui a provoqué plusieurs manifestations dans la rue. De longues files de motos ont également été observées dans les stations-service.

