Samedi 7 mars, un léger brouillard enserre l’église Saint-Christophe de Tourcoing (Nord). Sur le trottoir d’en face, Bastien Verbrugghe s’avance tracts à la main, vers les passants qui s’engouffrent dans le marché de la Grand-Place. « Douze ans de Darmanin, ça suffit ! » Le slogan du candidat du Rassemblement national (RN) pour les élections municipales dans la deuxième ville du Nord, qui avait échoué à la législative de 2024, ne souffre d’aucune ambiguïté.

Le candidat du Rassemblement national à Tourcoing (Nord), Bastien Verbrugghe, le 7 mars 2026.

Dans cette commune hantée par la désindustrialisation massive des années 1980 et 1990, les cinq listes d’opposition, de l’extrême gauche à l’extrême droite, partagent l’espoir de battre la maire sortante, Doriane Bécue (divers droite), qui a déjà choisi son futur premier adjoint, en cas de victoire aux municipales des 15 et 22 mars : Gérald Darmanin. Le ministre de la justice figure parmi les onze membres du gouvernement qui se présentent à ces scrutins locaux, que l’exécutif feint d’ignorer tant ils s’annoncent délicats pour le camp présidentiel.

Mais l’ancien locataire de la Place Beauvau est l’un des rares ministres à jouir d’une forte implantation locale. Député de la 10e circonscription du Nord depuis 2012, élu maire de Tourcoing en 2014 avant d’être réélu en 2020, Gérald Darmanin a fait tomber dans l’escarcelle de la droite cette ville de 100 000 habitants autrefois acquise aux socialistes. Après sa nomination Place Beauvau en juillet 2020, il a propulsé à la mairie de Tourcoing sa première adjointe, Doriane Bécue, infirmière libérale de 34 ans qui continue d’exercer tous les mercredis dans le quartier populaire des Phalempins.

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