
Une « implication plus forte de la police municipale », un « doublement de ses effectifs », une « présence accrue et plus visible », davantage de « moyens pour les agents » : à la veille du premier tour de scrutin des élections municipales, dimanche 15 mars, la question des polices municipales est omniprésente dans les professions de foi des candidats. Petites communes, villes moyennes et même Paris, aucune municipalité ne semble échapper à un sujet devenu, en l’espace de quelques années, un enjeu électoral au même titre que les habituelles thématiques des flux de circulation, de l’attractivité économique, des cantines scolaires ou de l’offre culturelle.
« La police municipale est devenue un thème structurant des campagnes municipales », toutes tendances confondues, note Chloé Nibourel, du Swedish Institute for Social Research, à l’université de Stockholm, qui travaille sur le recrutement des policiers municipaux selon la couleur politique des élus. Si, d’après les travaux de la chercheuse, les maires de gauche sont à l’origine d’un tiers des créations de polices municipales entre 2001 et 2023, cette préoccupation est désormais intégrée dans le socle programmatique des candidats centristes, une tendance perceptible depuis les attentats terroristes de 2015. « Ce courant s’attachait théoriquement à d’autres revendications, explique-t-elle, mais il a réactualisé ses préoccupations en y incluant les sujets liés à la sécurité et, donc, celui des polices municipales. »
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