- Les candidats insoumis seront classés à l’extrême gauche aux élections municipales, a décidé le ministère de l’Intérieur.
- Une première pour le parti de Jean-Luc Mélenchon créé en 2016.
- Ce qui suscite son étonnement et sa colère.
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Élections Municipales 2026
La question est bien plus importante qu’elle n’en a l’air. En vue des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, le ministère de l’Intérieur a publié dans la semaine une circulaire relative à l’attribution des nuances aux candidats (nouvelle fenêtre), et a décidé d’octroyer l’étiquette « extrême gauche » à ceux de La France insoumise. Une classification qui indigne le parti dirigé par Manuel Bompard, Jean-Luc Mélenchon parlant même d’un « trucage »
digne d’une « république bananière »
.
Cette « grille de nuance »
du ministère, applicable aux candidats aux élections municipales, mais aussi aux élections métropolitaines de Lyon et aux élections d’arrondissements de Paris, Lyon et Marseille, classe LFI dans le bloc « extrême gauche » aux côtés de Lutte ouvrière ou du Nouveau Parti anticapitaliste. A contrario, le Parti communiste français, lui, est bien rangé dans le bloc de « gauche » par ce texte.
Une première pour LFI
Il s’agit d’une première pour le parti de gauche fondé en 2016. Car La France insoumise, même si elle porte un programme de rupture avec le capitalisme, est généralement classée à gauche, comme l’avait confirmé une décision du Conseil d’État en 2024. TF1info s’était d’ailleurs déjà posé la question en avril 2023, et avait demandé son avis à un historien spécialiste de la gauche. Philippe Buton estimait qu’il était correct « de ne pas classer LFI à l’extrême gauche sur le plan formel »
. En revanche, il comprenait qu’il était possible de le faire dans la « réalité »
du « fonctionnement de la vie politique française »
. « Si aujourd’hui, il y a des problèmes de pacification des relations sociales et politiques, de brutalisation de la scène socio-politique, LFI en porte une grande responsabilité »
, jugeait-il, à cause du « comportement ambivalent »
de ses membres.
Ces dernières années dans le débat politique, classer LFI à l' »extrême gauche » a été très largement utilisé par la droite et le centre pour rejeter dos-à-dos le Rassemblement national – qui à raison est classé à l' »extrême droite », même si ses membres le nient – et le parti de Jean-Luc Mélenchon.
Manuel Bompard s’est défendu de cette classification via un message posté sur X ce jeudi 5 février (nouvelle fenêtre). « Notre stratégie est la volonté d’arriver au pouvoir par les urnes avec l’objectif de mettre en œuvre un programme de rupture. Il existe une extrême gauche en France et elle se revendique comme telle. Elle considère les élections comme une tribune et non pas comme un moyen de conquête du pouvoir, ce qui n’est pas le cas de La France insoumise »
, indique à l’AFP le coordinateur du mouvement, ajoutant qu’un recours devant le Conseil d’État est étudié.
« Nuñez innove et trouble l’ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques »
, s’est indigné mercredi soir le leader LFI, Jean-Luc Mélenchon. « Il y a des partis se classant à l’extrême gauche dans ce pays. Ils sont respectables mais LFI n’en fait pas partie »
, a ajouté pour sa part le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, l’Insoumis Éric Coquerel.

