
A Amiens, la vie politique locale est aussi tortueuse que les méandres de la Somme serpentant au cœur de la ville. Dans la capitale picarde, chef-lieu de la Somme (136 000 habitants), où est né le président de la République, Emmanuel Macron, une dizaine de listes sont annoncées à un peu plus de deux mois des élections municipales, les 15 et 22 mars.
Un tel chiffre est du jamais vu dans cette ville ayant basculé à droite sous l’ancien maire (UDF) Gilles de Robien (1989-2002, 2007-2008), ministre de Jacques Chirac. Excepté une courte parenthèse socialiste entre 2008 et 2014, la ville – qui a perdu son statut de capitale régionale au profit de Lille avec la création, en 2016, de la région Hauts-de-France – est gérée par une majorité de droite et du centre. Celle-ci repose sur un accord de 2014 entre l’UDI et Les Républicains (LR) : aux premiers, les clefs de l’hôtel de ville et aux seconds celles de la métropole amiénoise, une agglomération de 173 000 habitants et 39 communes, essentiellement rurales, aux pouvoirs particulièrement étendus.
Mais la démission surprise, en 2024, de la maire Brigitte Fouré (UDI), 70 ans, qui a passé le relais à son premier adjoint, Hubert de Jenlis (divers centre), 57 ans, a laissé des traces. Elu par une courte majorité, cet assureur, passé par plusieurs partis politiques (Parti radical, UMP, UDI puis Renaissance), est loin de faire l’unanimité dans son propre camp, d’où émergent plusieurs candidatures dissidentes. Alain Gest (Les Républicains, LR), 75 ans, le puissant président d’Amiens Métropole, qui a annoncé son retrait de la vie politique lors d’une conférence de presse, vendredi 9 janvier, apporte son « soutien négocié » au maire sortant, qui n’a pas encore officialisé sa candidature.
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