Une gendarme assure la sécurité devant un bureau de vote installé à l’école maternelle du Petit-Poucet, dans le quartier Vallée du Tir, à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), lors du second tour des élections législatives, le 7 juillet 2024.

Jusqu’à quatre kilomètres pour aller voter, là où d’habitude, il ne fallait que quelques minutes pour accomplir son devoir citoyen à l’école du coin. Une épreuve pour certains habitants, alors qu’aucun bus ne circule le dimanche. La décision prise par la mairie de Nouméa de centraliser les bureaux de vote en huit lieux dédiés suscite critiques et indignation dans l’opposition. Notamment parce qu’elle frappe plus durement les quartiers populaires à majorité kanak où, comme à Montravel, un foyer sur deux n’a pas de véhicule. Dans les quartiers sud, denses et ramassés, jusqu’à 85 % des ménages, majoritairement Européens, ont une voiture.

A Nouville, où de nombreuses familles vivent dans des squats (noms donnés en Nouvelle-Calédonie aux bidonvilles), on tombe même à 25 % de familles seulement disposant d’un véhicule, selon les chiffres du recensement de 2019. « Il y a des gens pour qui la distance pour aller voter va être multipliée par deux, trois voire dix », s’insurge Muneiko Haocas, tête de liste du Mouvement nationaliste indépendantiste et souverainiste (Mnis).

Pour justifier son choix, validé par l’Etat, la ville évoque « les bâtiments incendiés en 2024 qu’on ne peut donc plus utiliser, indique Alan Boufenèche, directeur de la vie citoyenne de Nouméa. Et une insécurité qui perdure. » Le regroupement des bureaux de vote avait déjà été mis en œuvre lors des législatives anticipées de juin 2024. Mais à l’époque, l’archipel, en pleine crise insurrectionnelle, vivait au rythme des barrages routiers et des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre.

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