- À cinq jours du second tour des élections municipales 2026, toutes les listes ont été déposées.
- Malgré leurs divergences, socialistes et insoumis ont fait alliance dans de nombreuses villes.
- À Toulouse, François Piquemal et François Briançon sont côte à côte, mais cet accord est diversement apprécié.
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Élections Municipales 2026
Les deux François, Piquemal et Briançon, côte à côte. Premier tractage à Toulouse (Haute-Garonne) pour ce nouveau duo d’alliés. Mais ce mardi matin, c’est le député de la France insoumise qui tient le premier rôle. Dans le quartier populaire de Bagatelle, malgré la forte abstention, François Piquemal arrive en tête au premier tour. Eugénie votera à nouveau pour lui dimanche : « Ce qui me plaît, c’est qu’il s’intéresse aux minorités. Il a l’air motivé, donc on va lui donner sa chance »
, témoigne-t-elle dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article.
Avec cette alliance, le socialiste François Briançon se positionne, non plus pour briguer la mairie, mais la métropole. « Moi, je suis un militant socialiste. Je ne suis pas de la France insoumise, mais j’ai eu un dialogue avec François Piquemal. On s’est engagés sur un programme, on s’est engagés sur des valeurs »
, justifie-t-il.
Division au PS
Cet accord divise. Le secrétaire général du PS, Olivier Faure, le soutient, mais pas la présidente de la région Occitanie, Carole Delga. « Tout le monde le sait, j’ai toujours refusé de m’allier à Jean-Luc Mélenchon. Je ne soutiens donc pas de tête de liste proche de lui »
, a-t-elle réagi sur la plateforme X.
Dans les rues de Toulouse, les électeurs socialistes du premier tour sont partagés. « Alors qu’on avait dit avant qu’on ne s’allierait pas à eux, tout d’un coup, on s’allie… J’ai toute la semaine pour me décider »
, hésite une passante. « Je ne vois pas de trahison politique ou quoi que ce soit. Je trouve que ça reste dans ce que la gauche a fait avec la Nupes, avec le Front républicain »
, jauge un habitant.
Que vont faire ces électeurs socialistes au second tour ? S’abstenir ? Faire le choix de la liste d’alliance ? Ou bien choisir le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, pour empêcher la France insoumise d’accéder au Capitole ? Ce barrage est devenu un argument des colistiers de Jean-Luc Moudenc. Le candidat de la droite et du centre peut compter sur la voix de Gérard, jeune retraité, en désaccord total avec les idées de la France insoumise : « Il y a par exemple le TGV, qui doit venir, on sait très bien qu’ils sont contre. Pour moi, ce serait un arrêt brutal d’un essor potentiel que tout le monde voit, parce qu’il y a quand même une grosse attractivité économique de la région. C’est plutôt ça qui fait peur. »
Une crainte partagée par les organisations patronales en Haute-Garonne, notamment pour le secteur aéronautique, la moitié des emplois industriels ici. « L’aéronautique, l’aérospatiale, pour nous c’est énorme. C’est le progrès, c’est ce qu’on cultive. On a 6.000 personnes qui arrivent tous les ans grâce à cette économie, à cette dynamique qu’on a à Toulouse »
, Julie Sentenac-Servat, cheffe d’entreprise et colistière de Jean-Luc Moudenc.
Pour les deux candidats, préserver cette tendance est crucial, puisque Toulouse est en passe de doubler Lyon et de devenir la troisième ville de France.

