Le président de la République Emmanuel Macron, à l’Elysée, à Paris, lundi 5 janvier 2026.

Les bons sentiments ne font pas de la bonne littérature, dit-on. En revanche, les amours déçus peuvent produire de piquantes analyses, surtout en politique. C’est le cas du dernier ouvrage de Nicolas Domenach et Maurice Szafran, Néron à l’Elysée (Albin Michel, 256 pages, 20,90 euros), récit affligé d’une profonde déception.

Les deux plumes du magazine Challenges sont de ceux qui furent emballés, il y a près de dix ans, par cet « homme exceptionnel », qui avait « des intuitions, du courage, de l’ambition pour le pays et pour ses citoyens » et se revendiquait de gauche. Journalistes politiques chevronnés, ils crurent à la promesse macronienne de réconcilier les Français, de soulever les énergies, d’insuffler une « espérance européenne susceptible de nous faire voir de nouveau la France en grand », et l’avouent humblement dès l’introduction.

Il est vrai qu’Emmanuel Macron séduisit les deux éditorialistes, leur octroyant en octobre 2016 une « longue et puissante interview », se vantent-ils. Dans cet entretien fleuve, le candidat « En Marche », volubile, affirmait la nécessité impérieuse de « retrouver un imaginaire commun » et d’inventer une « nouvelle forme d’autorité démocratique ». Les éditoriaux élogieux à l’égard du jeune candidat se multiplièrent dans l’hebdomadaire à mesure qu’approchait l’échéance présidentielle, au point de susciter les protestations de la société des rédacteurs du magazine.

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