L’usine d’embouteillage de Nestlé Waters Vosges à Contrexéville (Vosges), le 24 octobre 2023.

En acceptant de payer une amende de 2 millions d’euros dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public avec le parquet d’Epinal, en septembre 2024, Nestlé pensait échapper à un procès sur ses pratiques illégales (forages et filtres) sur ses sites d’embouteillage (Vittel, Contrex, Hépar) dans les Vosges. Las.

Depuis lundi 23 mars, le géant de l’agroalimentaire comparaît devant le tribunal correctionnel de Nancy. Nestlé Waters Supply Est, la filiale du groupe suisse, est jugée jusqu’au 27 mars pour avoir laissé à l’abandon depuis au moins dix ans des décharges sauvages constituées de centaines de milliers de mètres cubes de bouteilles d’eau. Au point de contaminer les sols et les ressources en eau autour des forages de Contrex et Hépar et de provoquer « une dégradation substantielle de l’environnement » et « une atteinte grave à la santé des personnes », selon l’ordonnance de renvoi que Le Monde a pu consulter.

Dans ses réquisitions, également consultées par Le Monde, le parquet de Nancy pointe des pollutions microplastiques dans des « proportions incommensurables » avec des « taux exorbitants » découverts dans les sources Hépar et Contrex : « jusqu’à 1,3 million de fois supérieurs aux taux de la Seine (…) soit la valeur d’une cuillère de microplastiques par litre d’eau », selon les mesures réalisées par les enquêteurs de l’Office français de la biodiversité (OFB). Mais rebondissement : au pemier jour d’audience, le tribunal a accédé aux demandes en nullités des perquisitions introduites par Nestlé pour vice de forme, au motif de l’absence de prestation de serment du cabinet d’ingénierie qui a assisté les enquêteurs.

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