- Au sortir d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, vendredi 27 mars, Jean-Noël Barrot a tenu à « porter (de) la contradiction » à son homologue russe, interrogé la veille au 20H de France 2.
- Le chef de la diplomatie française a méthodiquement démonté les affirmations de Sergueï Lavrov.
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La réponse ne s’est pas fait attendre. Au lendemain d’une interview du ministre russe des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, au 20H de France 2, Jean-Noël Barrot a tenu à « lui porter la contradiction »,
en sortie d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, ce vendredi 27 mars. « Répéter des mensonges à une heure de grande écoute n’en fait pas des vérités »
, a-t-il tancé, alors qu’une dizaine de minutes de l’entretien accordé à Léa Salamé ont été diffusées à la télévision, le reste étant publié sur le site de Franceinfo.
Droit international et attaque des civils
Méthodiquement, le patron du Quai d’Orsay a démonté les propos de son homologue, qui l’avait personnellement interpellé. « Non, la Russie ne défend pas le droit international, ni en Iran, ni en
Ukraine
, ni ailleurs. On ne défend pas le droit international en lançant une guerre d’agression, en envahissant un pays voisin, en niant la souveraineté d’une nation et le recours débridé à la force en dehors de tout cadre juridique n’est rien d’autre qu’une expression bestiale de brutalité »
, juge-t-il.
Dans la foulée, Jean-Noël Barrot affirme que, « non »
, « la Russie n’épargne pas les civils »
. « J’en veux pour preuve les charniers de Boutcha, les horreurs de Marioupol, les bombardements d’hôpitaux, de maternités ou d’écoles ukrainiennes. Les enfants d’Ukraine que la Russie déporte dans des camps de redressement pour essayer d’effacer leur histoire et leur identité sont eux aussi des civils »
, détaille-t-il. « Les faits sont là. Il s’agit de crimes de guerre documentés »
, fustige-t-il.
Partout où elles surviennent, la France dénonce et se mobilise contre la violation du droit international
Partout où elles surviennent, la France dénonce et se mobilise contre la violation du droit international
Jean-Noël Barrot
Le chef de la diplomatie française a aussi assuré que « les Européens ne ferm(ai)ent pas les yeux quand cela les arrange »
. « Notre positionnement est très clair : partout où elles surviennent, la France dénonce et se mobilise contre la violation du droit international et du droit international humanitaire »
, martèle-t-il. Et au ministre d’égrener : « en Ukraine par la Russie, en Israël par le Hamas, à Gaza et au Liban par Israël, en Israël par le Hezbollah, au Soudan par les forces armées, en Syrie et en Irak par les bourreaux des Yézidis, en Iran par le régime des mollahs, en Afghanistan par les Talibans »
.
Enfin, l’ancien député des Yvelines rappelle que « non, la France ne musèle pas les journalistes. En Europe, on compte 20.000 médias d’information. Si seulement, il y en avait autant en Russie »
. « Chez vous, les rédactions indépendantes ont été systématiquement fermées ou contraintes à l’exil et toute information à l’encontre de la ligne officielle du Kremlin est tout simplement interdite »
, tacle-t-il encore.
Pour rappel, comme plus de 2.600 personnalités et entités russes, Sergueï Lavrov fait l’objet de « mesures restrictives de l’UE »
, notamment sur le plan économique et diplomatique. « Les sanctions visant des personnes consistent en une interdiction de voyager »
– interdiction de se rendre dans le territoire de l’UE ou y transiter – « et en un gel des avoirs »
– ce qui signifie que ses comptes bancaires ouverts dans des banques de l’UE sont gelés.

