- Si 2.000 ont pu rentrer, 5.000 ressortissants français actuellement au Moyen-Orient demeurent en attente d’un rapatriement.
- Depuis lundi, le centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay a reçu 7.000 appels téléphoniques.
- Regardez ce reportage du JT de TF1.
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
Invité du 20H de TF1 ce jeudi 5 mars, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a été interrogé par Gilles Bouleau sur le sort des ressortissants français présents dans l’un des pays directement concernés par la guerre faisant actuellement rage au Moyen-Orient. « Ce sont environ 5.000 personnes qui souhaitent quitter la région, dont 80 % aux Émirats arabes unis. Nous avons affrété des vols, quatre sont partis de l’Égypte, d’Oman et des Émirats arabes unis. Trois autres sont programmés et sont en cours d’affrètement, mais la situation est très compliquée. Les espaces aériens sont pour la plupart fermés. Certains ouvrent au compte-goutte et nous profitons de ces ouvertures pour faciliter le retour de nos compatriotes »
, avait-il répondu, quelques heures après qu’un vol Air France affrété par Paris à Dubaï a dû faire demi-tour, du fait de tirs « dans la zone »
.
Ce vendredi matin, le centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay a ouvert ses portes à une équipe du JT de TF1, dans le cadre du reportage du 13H visible en tête de cet article. Cette cellule a reçu plus de 7.000 coups de téléphone depuis lundi. « On a le cas d’une dame diabétique, qui a des rendez-vous médicaux en France prévus prochainement. Donc là, on a une liste de numéros, de contacts en Israël qu’on peut lui fournir, pour lui apporter un soutien, un traitement, des ordonnances »
, détaille Gildas Lousteau, volontaire dans ce centre d’appels d’urgence, qui n’a toutefois pas réponse à toutes les requêtes qu’il reçoit.
Prenons l’exemple d’Élise, bloquée dans une chambre d’hôtel au Qatar depuis une semaine, sans solution, ni certitude. Toutes ses demandes de rapatriement sont restées lettre morte, les autorités lui répondant systématiquement que « la situation actuelle ne permet d’envisager une évacuation vers la France »
. Elle livre ce témoignage sur son quotidien au 13H de TF1 : « Ça va parce qu’on est en vie, mais malheureusement notre moral est au plus bas et on n’a plus vraiment d’espoir. On voit les missiles, les interceptions de missiles, on voit des hélicoptères, des avions de chasse passer. On voit des explosions et des nuages de fumée noire. On a les vitres qui tremblent, j’ai ma fille qui pleure, voilà ce qu’il se passe. Tout le monde m’écrit :
‘On ne peut rien faire, restez à l’abri’ En revanche, pour les ressortissants d’autres pays, on voit que des solutions sont trouvées. »
Certaines options confinent au système D. Antoine, qui séjourne chez un ami à Dubaï, espère pouvoir prendre un vol à Oman la semaine prochaine. Mais il lui faut parcourir 400 kilomètres par la route pour atteindre cet aéroport. « Ce trajet, ils disent qu’il dure six heures quand ça roule bien, mais que ça peut être douze heures quand ça roule mal. Et puis, il peut y avoir des heures et des heures ensuite à la frontière. Ça, c’est quelque chose qu’on appréhende, mais on est quand même très pressés de le faire. Parce que si c’est la solution pour partir, on passera ces heures dans ces transports »
, affirme celui qui, pour ce faire, devra débourser 1.200 euros, voire plus, au regard de l’explosion en conséquence des tarifs routiers. Sans compter le prix du vol.
En parallèle, l’État français indique que 2.000 ressortissants ont, eux, pu être rapatriés. « C’était terrible, c’était terrifiant, surtout pour mes enfants. J’étais à l’aéroport quand les bombardements ont commencé. Et comme Israël avait dit qu’ils allaient commencer par l’aéroport, j’ai eu un peu peur. J’ai levé ma tête vers le ciel et tout le monde a commencé à courir. C’était un truc de dingue »
, relate l’un d’entre eux au micro de TF1, quelques minutes après l’atterrissage de son vol depuis Beyrouth à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. D’autres liaisons commerciales sont toujours planifiées dans les heures qui viennent. Le gouvernement annonce ce vendredi que les vols affrétés reprendront « quand les conditions sécuritaires seront réunies »
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