- À Avignon (Vaucluse), des riverains sont privés de bus depuis vendredi dernier en raison du narcotrafic.
- Dix-neuf arrêts ne sont plus desservis dans le quartier de Monclar en proie à de récentes fusillades.
- Une équipe de reportage de TF1 a rencontré des habitants, tous se sentent abandonnés.
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La France en proie au narcotrafic
Ils attendent depuis de longues minutes, mais aucun bus ne passera aujourd’hui dans ce quartier d’Avignon (Vaucluse). Ces usagers n’ont pas été prévenus. « Là il ne passe pas. Je suis venu ici et maintenant je vais aller voir là-bas »,
explique un usager. Pour cet autre riverain, c’est aussi l’incompréhension : « Les bus normalement devraient passer à 10h31. Là il est à peu près 10h45 et il ne passe pas. »
On nous enlève les CRS. Ce n’est pas acceptable.
On nous enlève les CRS. Ce n’est pas acceptable.
Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon
Si les bus ne passent plus depuis ce vendredi 12 juin, c’est pour des raisons de sécurité, précisément pour éviter le quartier Monclar, théâtre de règlement de compte il y a quelques jours. Le 8 juin, une fusillade a eu lieu en pleine journée. Et quelques jours avant, c’est un commerce qui a été incendié. Les habitants se sentent abandonnés. « Laisser les Avignonnais comme ça, c’est indigne »,
dénonce un usager sous un abris bus. « Faire des kilomètres pour gagner un arrêt de bus. Ça pénalise tout le monde,
poursuit-il au micro de TF1 dans la vidéo visible en tête de cet article. Ça punit tout le monde alors qu’on n’a rien fait. »
Pour certains c’est encore pire. « Moi je suis handicapé. Ma femme est handicapée. Il faut marcher jusqu’au centre pour prendre le bus. Ce n’est pas normal », déplore cet habitant.
Ce sont au total 19 arrêts sur deux lignes de bus qui ne sont plus desservis. C’est la compagnie de transport avignonnaise qui l’a annoncé vendredi dernier sur ses réseaux sociaux. Pour ces chauffeurs, la sécurité des conducteurs et des usagers n’est plus assurée dans ce quartier. « C’est une fusillade. Nous, conducteurs de bus, on y passe toutes les 5-10 minutes dans ce quartier. Il ne faudrait pas qu’un jour, un conducteur ou une conductrice prenne une balle perdue »
, prévient André Saliba, conducteur de bus et délégué syndical FO Transports en commun.
Du côté de la mairie, si on ne comprend pas la décision du transporteur, on déplore surtout le départ récent d’une compagnie de CRS dans ce quartier gangréné par le narcotrafic. « On est dans une situation de règlement de compte entre clans mafieux avec la DZ Mafia qui déclare qu’elle veut s’installer à Avignon. Nous, on nous enlève les CRS. Ce n’est pas acceptable »,
s’indigne Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon. Demain, une réunion est prévue avec la police, la préfecture, pour discuter de mesures permettant au trafic de reprendre normalement.

