
Depuis le 28 février et le début de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, les opérateurs des marchés de l’énergie dorment peu. Comme si le fracas des obus et des drones, qui explosent au Moyen-Orient, résonnait jusque dans les salles de marchés de Genève, Singapour ou Houston, au Texas.
Une déclaration du président américain, Donald Trump, un tweet de son administration, un drone frappant un cargo dans le détroit d’Ormuz et les cours du brut ou du gasoil s’affolent. Le 9 mars, après l’escalade du conflit, le cours de référence du brent a grimpé jusqu’à 119 dollars (103 euros) le baril avant de chuter à 84 dollars, soit la plus forte variation au cours d’une journée jamais enregistrée en dollars, selon les données de l’opérateur de la Bourse britannique London Stock Exchange Group. Pour les tradeurs, c’est l’occasion de gagner des milliards ou de les perdre.
« Toute crise, toute guerre crée de la volatilité sur nos marchés et nous en tirons des sources de revenus, explique une tradeuse qui a requis l’anonymat. Nous profitons du chaos. C’est peut-être difficile à comprendre, c’est pourquoi notre microcosme reste très secret. » Pour lever, un peu, le voile sur ce monde à la frontière entre la finance et le commerce, il faut revenir au lendemain des frappes iraniennes du 18 mars contre le site de Ras Laffan au Qatar, la principale usine de liquéfaction de gaz du globe.
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