- L’ambassadeur de la République islamique en France, Mohammad Amin-Nejad, a accordé un entretien à TF1 depuis son ambassade à Paris.
- Il assure ne pas croire à une fin rapide du conflit et justifie les frappes sur Israël et les pays voisins.
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Un mois de guerre au Moyen-Orient
C’est derrière les murs de l’ambassade iranienne, avenue d’Iéna, au cœur du 16e arrondissement de Paris, qu’une équipe du 20H a pu rencontrer Mohammad Amin-Nejad. L’ambassadeur d’Iran en France a accepté de répondre aux questions de Michel Scott, rare prise de parole de la voie officielle de la République islamique depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
D’entrée, il a tenu, dans le reportage visible en tête d’article, à mettre en avant deux images qui ont, selon lui, marqué l’opinion mondiale : le bombardement d’une école dès le premier jour (nouvelle fenêtre) de la guerre, et la mort de 80 marins sur une frégate torpillée par les Américains (nouvelle fenêtre). « Ce sont deux moments spécifiques qui ont beaucoup touché les Iraniens, mais aussi l’opinion publique dans le monde »
, assure-t-il.
Nous sommes les premiers à souhaiter la fin de la guerre, la fin des attaques militaires
Nous sommes les premiers à souhaiter la fin de la guerre, la fin des attaques militaires
Mohammad Amin-Nejad, ambassadeur d’Iran en France
Ce mercredi 1er avril, le président américain, Donald Trump, a assuré que l’Iran avait demandé un cessez-le-feu (nouvelle fenêtre). Une annonce depuis démentie par Téhéran. Mais Mohammad Amin-Nejad, lui, ne croit pas à une fin rapide du conflit. « Nous sommes les premiers à souhaiter la fin de l’hostilité, la fin de la guerre, la fin des attaques militaires »
, assure l’ambassadeur, avant de retourner la question : « S’ils pensent que leurs conditions sont réunies, où est la raison de continuer de bombarder les localités résidentielles, les infrastructures économiques, les équipements énergétiques du pays, s’ils ont atteint leur but ? »
Car pendant ce temps, les Gardiens de la révolution continuent de tirer tous azimuts sur Israël (nouvelle fenêtre) et certains pays voisins. « À partir du moment où il y a une menace, c’est tout à fait évident que notre force armée, notre peuple se défendent »
, répond le diplomate iranien, qui précise tout de même qu’Israël et les bases militaires américaines dans la région sont les cibles visées, et que le régime « a montré qu’il est prêt à laisser le passage
(dans le détroit d’Ormuz, ndlr) à ceux qui n’ont pas participé à l’agression militaire »
. Interrogé également sur la position défensive de la France, qui a encore cette semaine interdit le survol de son espace aérien (nouvelle fenêtre) par les avions militaires israéliens, l’ambassadeur est clair : elle n’est pas une cible.
On pouvait être contre la vie chère… mais est-ce qu’on était pour une invasion étrangère ?
On pouvait être contre la vie chère… mais est-ce qu’on était pour une invasion étrangère ?
Mohammad Amin-Nejad, ambassadeur d’Iran en France
Sur les répercussions intérieures en revanche, Mohammad Amin-Nejad estime que les bombardements israélo-américains ont produit l’effet inverse de celui recherché par Washington. « Plus de 113.000 maisons et appartements ont été détruits en Iran »
, dit-il. Et d’analyser le retournement de l’opinion : « On pouvait être contre la vie chère, contre les taux de change de devise… Mais est-ce qu’on était pour une invasion étrangère ? »
Une référence aux manifestations massives début janvier contre le régime (nouvelle fenêtre), et dont les répressions ont coûté la vie à plusieurs milliers d’opposants. Des chiffres contestés par le régime, et que l’ambassadeur balaie : « Il n’y a pas eu
(de bain de sang, ndlr). Mais vous pouvez le prétendre. »
Sur ce qu’il reste de l’espoir de la contestation enfin, sa réponse est plus nuancée : « Ce qui reste, à mon avis, c’est un très, très grand regret. Et pour nous, et pour le peuple. Le peuple voit que ce n’était qu’un prétexte. »

