
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
On se souvient peut-être de l’efflorescence du cinéma argentin durant les années 1990-2000, révélant au monde une petite dizaine de réalisateurs qui s’occupaient à changer le visage du cinéma national. En France, l’ouverture des festivités eut lieu dans la seconde de ces décennies, avec Pablo Trapero (Mundo Grua, 1999), Lisandro Alonso (La Libertad, 2001) et Lucrecia Martel (La Cienaga, 2001). On retrouve aujourd’hui cette dernière, autrice d’une œuvre parcimonieuse mais brillantissime (cinq longs-métrages en vingt-cinq ans de carrière !), signant à 59 ans, avec Nuestra tierra, son premier long-métrage documentaire.
Le film chronique un procès au pénal pour homicide, opposant quelques propriétaires blancs à la communauté autochtone Chuschagasta, dans la province de Tucuman (dans le nord de l’Argentine), et évoquant au passage la situation des Indiens du pays dans la perspective plus longue de la colonisation. A cet égard, Nuestra tierra ne dépare pas une œuvre qui, jusque dans son épuisement maniériste et son goût de l’étrangeté malaisante, n’aura jamais eu d’autre objet que la peinture déréalisée d’une bourgeoisie décadente, tenant elle-même à un cheveu, agrippée comme en se noyant à des biens et des pouvoirs hérités des prérequis de la colonisation.
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