• Les hôtels, les campings et certains restaurants ne permettent pas l’entrée aux enfants.
  • Cette semaine, la SNCF a annoncé que ça serait également le cas de ses nouvelles rames « Optimum ».
  • Une tendance qui prend de l’ampleur depuis quelques années, et qui ne fait pas l’unanimité.

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Le 13H

Le wagon de la SNCF en question a l’air d’un wagon comme un autre. À un détail près : les enfants de moins de 12 ans n’y sont pas autorisés. Une décision qui est loin de faire l’unanimité. « Ce n’est pas contre les enfants bien évidemment, mais c’est vrai que d’avoir des espaces dédiés uniquement pour le travail, c’est beaucoup plus confortable », assure une voyageuse. « C’est totalement absurde parce qu’un enfant ne fait pas plus de bruit que deux collègues qui discutent entre eux », assure un autre passager.

L’offre lancée début janvier suscite la polémique. Amélie, 10 ans, et sa mère, interrogées à la sortie de leur TGV par une équipe de TF1, ne comprennent pas. « Je lis et je suis plutôt calme, j’évite de faire du bruit », explique la fillette. « Ça peut arriver de temps en temps qu’un bébé pleure… Mais les adultes aussi peuvent parler fort, sont au téléphone aussi, ils vont pas sortir du wagon », souligne sa mère dans la vidéo en tête de cet article. 

« On nous dit qu’il faut faire plus d’enfants, mais par ailleurs on ne crée pas toutes les dispositions, tous les services d’accueil

Stéphanie d’Esclaibes, fondatrice du podcast « Adultes de demain »

Face à la polémique, la SNCF édulcore sa communication. « Pour garantir un maximum de confort à bord de l’espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés », a-t-elle écrit mercredi sur son site. « L’espace calme est accessible à partir de 12 ans », est-il aussi écrit. La SNCF précise que seulement 8% des places sont concernées et qu’une offre équivalente existe déjà depuis 2021, une pratique qui choque les spécialistes de l’enfance. « On nous dit qu’il faut faire plus d’enfants, mais par ailleurs on ne crée pas toutes les dispositions, tous les services d’accueil, tous les changements d’environnement et également toute cette culture à l’égard de l’enfant pour faciliter le fait de vivre avec des enfants », affirme Stéphanie d’Esclaibes, fondatrice du podcast « Adultes de demain ».

Les espaces sans enfant suivent une tendance anglo-saxonne qui se développe de plus en plus dans les trains, tout comme dans les hôtels, notamment haut de gamme. Un exemple à Honfleur : « On a décidé de faire adults only parce que déjà, la particularité des escaliers ici pour les jeunes enfants est extrêmement dangereuse », justifie Marie-Pierre Boelen. Des arguments de sécurité, mais aussi des avantages commerciaux. « On a une forte demande de gens qui ont besoin de se déconnecter et d’avoir du calme et d’être sûrs de ne pas avoir des enfants qui jouent devant eux, qui font du bruit », ajoute la gérante. 

Une offre contre laquelle lutte le gouvernement, qui estimait déjà l’an dernier que ces offres commerciales sont « brutales », et appelant à ne pas les « laisser s’installer » en France. Depuis le mois de juillet, un label spécifique, « Le Choix des Familles », permet de reconnaître en un coup d’œil les établissements où les familles sont les bienvenues, comme l’avait annoncé sur TF1 la Haute Commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry.

Plusieurs critères permettent d’obtenir la vignette : il faut « proposer une tarification enfant, proposer au moins un événement pour enfant par an, avoir du personnel bienveillant à l’égard du jeune public ou encore disposer d’aménagements adaptés (chaises, toilettes enfants, espace jeux…) », détaille le site du ministère du Travail et des Solidarités.

La rédaction de TF1info | Reportage : Jean-Pierre FERET, Ludovic ROMANENS, Lucas BARBIER

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