- Avec la fin de la canicule, les moustiques font leur grand retour.
- Au lieu de se ruer sur des produits toxiques pour les éliminer, certains misent sur des solutions plus saines.
- TF1 a visité le tout premier élevage industriel de moustiques-tigres, un moyen de lutte paradoxal contre la prolifération.
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C’est un endroit unique en France. « Ici, on est dans la salle d’élevage des adultes »
, annonce notre guide dans le reportage du 20H ci-dessus. Bienvenue dans le tout premier élevage industriel de moustiques tigres. Dans les cages, des centaines de milliers d’insectes se régalent de leur repas préféré, servi à volonté. « On va fournir aux femelles du sang qui vient d’abattoirs. Les femelles vont être attirées par ce sang qui est maintenu à 37 degrés grâce à ces dispositifs »
, explique Clelia Oliva, présidente et fondatrice de la société montpelliéraine Terratis. Objectif : les faire pondre en continu, massivement.
« Ces femelles n’auront jamais de descendance »
« Là, vous voyez, chaque petit point noir est un œuf. Donc ici, on a des millions d’œufs qui ont été pondus »
, décrit la scientifique en ouvrant un tiroir. À ce stade, vous vous demandez sûrement pourquoi faire se reproduire l’ennemi public numéro 1 de votre été ? Une machine à rayons X contient la réponse : elle va stériliser les insectes. « En fait, les femelles de cette espèce, elles ne peuvent s’accoupler qu’une seule fois dans leur vie. On fait en sorte que leur premier accouplement se passe avec nos mâles stérilisés. Tous les œufs qu’elle va pondre par la suite vont être issus de cet accouplement. Donc ces femelles n’auront jamais de descendance. Et petit à petit, on va pouvoir diminuer la population des moustiques tigres »
, explique Clelia Oliva. En clair, soigner le mal par le mâle… stérile.
La suite du programme se déroule sur le terrain. Dans un quartier résidentiel de Montpellier, un jeune homme se livre à l’activité surprenante de lâcher volontairement des nuées de moustiques dans les haies. « Ils sont inoffensifs. Ce sont des mâles, donc ils ne piquent pas »
, rassure Florian Vernichon, « et voilà, les 3000 moustiques sont lâchés »
. Au total, 150.000 insectes sont dispersés chaque semaine entre avril et octobre, pour cette expérience pilote. « On lutte contre le moustique tigre avec le moustique tigre, et puis on les fait travailler un petit peu. On les fait faire ce qu’ils savent faire de mieux, chercher des femelles, pour s’accoupler avec elles et les stériliser »
, explique ce responsable terrain de Terratis.
Objectif : diviser par 10 le nombre de moustiques tigres d’ici à deux ans. Trois autres villes françaises expérimentent cette solution, dont Brive-la-Gaillarde, qui constate déjà une réduction de moitié de la population de moustiques tigres. Coût de l’opération : 50.000 euros, un tarif exorbitant pour la plupart des petites villes.
La rédaction de TF1info | Reportage : Marine BROSSARD, Louhane NEAU et Matis BILLER-GOEFFERS

