- Le débat sur la climatisation des établissements scolaires refait surface à la faveur de la canicule historique qui s’abat sur la France depuis plusieurs jours.
- Le projet « Racine », qui promeut des solutions low-tech, offre une alternative pour rafraîchir les salles de classe sans climatiser.
- Son initiateur a annoncé ce vendredi un plan de 50 millions d’euros pour adapter jusqu’à 12.500 écoles.
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Juin 2026 : la France frappée par une canicule sans précédent
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La canicule historique qui fait suffoquer la France (nouvelle fenêtre) depuis maintenant plus d’une semaine a relancé le débat sur l’utilisation de la climatisation, alors que ces vagues de chaleur extrême seront amenées à se répéter, s’allonger et s’intensifier sous l’effet du changement climatique (nouvelle fenêtre). Et notamment dans les établissements scolaires, dont beaucoup ne sont pas adaptés pour faire face à une telle montée des températures. Juqu’à 3.500 d’entre eux ont dû fermer leurs portes jeudi 25 juin, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale, 10.000 étant par ailleurs contraints d’aménager leurs horaires.
Pour éviter d’en arriver là à chaque nouvelle canicule, des solutions existent, comme l’a montré une expérimentation menée depuis un an dans une trentaine d’écoles pilotes avec le projet « Racine » (nouvelle fenêtre)(pour « Recherche sur l’adaptation aux canicules à l’intérieur de nos écoles ») porté par Actee, un organisme qui accompagne les autorités locales pour la rénovation énergétique des bâtiments publics. Pour répondre à l’urgence, Actee et la Banque des Territoires ont annoncé vendredi 26 juin un plan de 50 millions d’euros sur quatre ans pour adapter jusqu’à 12.500 écoles, indiquent les deux entités dans un communiqué commun.
Avec cette canicule, on a eu un stress test en direct, ce qui nous permettra de savoir où il faut agir en priorité
Avec cette canicule, on a eu un stress test en direct, ce qui nous permettra de savoir où il faut agir en priorité
Pierrick Degardin, directeur adjoint d’Actee
L’ensemble des écoles et bâtiments éducatifs pourront bénéficier d’un diagnostic gratuit afin d’aider les collectivités à identifier rapidement les travaux d’adaptation à engager pour faire face aux fortes chaleurs. « L’objectif, c’est d’avoir au moins 2.500 écoles qui sont adaptées d’ici à la fin de la prochaine année scolaire et d’en faire à peu près autant chaque année pour arriver à 12.500 établissements à l’horizon 2030 »
, précise Pierrick Degardin, directeur adjoint d’Actee, contacté par TF1info.
Pour les 2.500 écoles prioritaires, une aide forfaitaire aux travaux de 15.000 euros permettra d’engager sans délai des solutions concrètes d’adaptation, précise Actee dans son communiqué. L’organisme entend cibler en priorité les écoles qui ont été contraintes de fermer leurs portes à cause des fortes chaleurs de ces derniers jours. « Avec cette canicule, on a eu un stress test en direct, ce qui nous permettra de savoir où il faut agir en priorité »
, indique Pierrick Degardin. Actuellement, la moitié des écoles ne disposent ni de protection solaire extérieure ni de volet, selon l’organisation syndicale Snes-FSU.
Nous pouvons faire gagner jusqu’à 7 °C de confort en classe, sans climatiser
Nous pouvons faire gagner jusqu’à 7 °C de confort en classe, sans climatiser
Guillaume Perrin, directeur d’Actee
Plutôt que de climatiser à tout-va, Actee mise sur des solutions d’adaptation aux fortes chaleurs à bas coût, et les résultats sont là. À l’école élémentaire Collet de Gasq à Saint-Vallier-de-Thiey (Alpes-Maritimes), dont une équipe de TF1 a pu visiter les locaux le mois dernier (nouvelle fenêtre), un reportage à (re)découvrir dans la vidéo qui accompagne cet article, c’est 6 à 7 °C de confort gagné, pour un investissement de seulement 22.500 euros. De même, à l’école élémentaire de la Concorde à Barberaz (Savoie), la température ressentie était plafonnée à 27 °C au pic de la canicule du 24 juin 2026, contre 31,5 °C un an plus tôt, pour un investissement de 13.000 euros.
« Nos mesures montrent qu’avec des aménagements simples – protections solaires, brasseurs d’air, ventilation nocturne – et des investissements modiques – de 10.000 à 40.000 euros par école – nous pouvons faire gagner jusqu’à 7 °C de confort en classe, sans climatiser »
, rappelle Guillaume Perrin, directeur d’Actee, cité dans le communiqué. Car s’ils permettent de refroidir les bâtiments et d’augmenter considérablement le confort de vie, les climatiseurs, en plus d’être gourmands en énergie, sont nocifs pour l’environnement. Sans parler du coût afin d’équiper l’ensemble des 60.000 écoles. Ces solutions ont aussi l’avantage d’amener de la fraîcheur à un coût nul sur le plan des dépenses de fonctionnement. De quoi répondre à l’urgence.

