- Le gouvernement doit présenter dans les prochains jours un grand plan d’électrification pour être moins dépendant des énergies fossiles.
- Certains industriels ont déjà sauté le pas en choisissant des sources d’énergies plus locales, comme la géothermie.
- Un investissement qui fait aujourd’hui toute la différence.
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent
Depuis six mois, l’usine de transformation de volaille, Volena, à Laval, en Mayenne, a remplacé le gaz par des pellets de bois, produits à seulement 30 km, avec du bois local, donc sans aucun risque de pénurie. Pour Arnaud Boinard, le directeur général, cette nouvelle source d’énergie n’a que des avantages. « Avec le pellet, on a cette possibilité d’allumer et d’éteindre la chaudière, donc de ne pas l’utiliser le week-end, notamment quand nos usines ne fonctionnent pas. Et ça remplace aujourd’hui 90% de notre consommation de gaz »,
affirme-t-il dans le reportage du JT de 20H ci-dessus.
Résultat, 1.000 tonnes de CO₂ émises en moins chaque année. En plus, une bonne surprise sur les factures d’énergie. « La solution de la chaudière à pellets, c’est un investissement qui représente environ 600.000 euros, avec chaque année une économie de gaz de 300.000 euros. Donc finalement, au bout de deux ans, vous décarbonez et vous revenez sur un équilibre économique »
, se félicite Arnaud Boinard.
Avec cette crise, on est contacté par de nombreux secteurs
Avec cette crise, on est contacté par de nombreux secteurs
John Robinson, directeur général de Bktech France
« Si notre industrie tourne peu à peu le dos à ces énergies, dites fossiles, le gaz et le pétrole représentent encore 46% de l’énergie consommée par ce secteur, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux fluctuations de prix »,
explique Yani Khezzar, journaliste à TF1. Alors quand les tensions géopolitiques font bondir le cours du gaz, de plus en plus d’entreprises cherchent une autre voie. John Robinson, directeur général de Bktech France, aide les industriels dans cette transition. Depuis le début de la guerre en Iran, son téléphone n’arrête pas de sonner. « Nos clients traditionnels sont dans le domaine agroalimentaire, mais avec cette crise, on est contacté par de nombreux autres secteurs, comme la papeterie, la cosmétologie ou encore l’hygiène »,
détaille-t-il.
Car aujourd’hui, les solutions plus propres ne manquent pas : électricité, biocarburant pour les camions… Parfois, la réponse est juste sous nos pieds. C’est ce que s’est dit Florence Jobic-Bouchard, responsable des services généraux chez Optic 2000, il y a cinq ans. Pour chauffer ses bureaux et son atelier de lunettes, elle a choisi la géothermie. Des sondes plongent sous terre et remontent la chaleur du sous-sol. Cela a un coût : 1 million d’euros de travaux, mais à la clé, là aussi, moins de CO₂ émis et une baisse de 60% sur la facture de gaz, qui reste ici une énergie de complément en hiver.
« On n’est pas obligé de tout abandonner. En 2021, quand on a pensé à mettre en place ce système de géoénergie, évidemment tout allait bien, la guerre en Ukraine n’avait pas démarré. Désormais, avec les deux dernières guerres, celle en Ukraine et celle du Moyen-Orient, on en tire vraiment des bénéfices »
, estime la responsable.
L’argent économisé sur les factures de gaz a été directement réinvesti dans de nouvelles machines. Pour aider les industriels à se décarboner, des aides publiques existent et financent parfois la moitié des travaux.

