- Le gouvernement a annoncé, vendredi, un plan d’aide de près de 70 millions d’euros, ciblé, pour aider les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants.
- Les transporteurs routiers, les agriculteurs et les pêcheurs vont notamment en bénéficier.
- Mais d’autres professions, comme les infirmières libérales ou les taxis, ont quant à elles été écartées de ce coup de pouce.
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent
Tous les deux jours, c’est le passage obligé : faire le plein. Et depuis le début de la guerre en Iran qui a embrasé le Moyen-Orient, et entraîné le blocage du détroit d’Ormuz, le budget carburant pèse de plus en plus lourd pour Marie Martinez. Cette directrice d’auto-école et vice-présidente de l’Union nationale des indépendants de la conduite (Unic) doit désormais débourser plus de 80 euros pour son plein, soit 20 de plus qu’il y a un mois.
Et à raison de 14 véhicules, le surcoût est, pour elle, impossible à absorber sans aide de l’État. Et justement, les auto-écoles ne sont pas concernées par le grand plan d’aide de près de 70 millions d’euros annoncé par le gouvernement, vendredi 27 mars, qui cible les secteurs les plus touchés par la flambée des prix du baril, comme les transporteurs routiers, les agriculteurs ou les pêcheurs.
« J’ai l’impression qu’on est les grands oubliés, les écoles de conduite. On va être obligés de répercuter ça sur le prix de la leçon, des heures de conduite des élèves. Là, on n’a absolument plus le choix. Le taux horaire de la leçon, je pense que je vais l’augmenter de pas loin de deux euros »
, assure Marie Martinez dans le reportage en tête de cet article.
Des dizaines d’euros de dépenses supplémentaires
Infirmière libérale à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne), Florence Dubois partage les mêmes inquiétudes. Elle accuse déjà 60 euros de dépenses supplémentaires depuis le début de la guerre. « Ça commence à être une petite somme à terme. Si ça doit continuer, il y a peut-être des passages (chez les patients, NDLR) qui malheureusement ne se feront plus »
, déplore-t-elle. En moyenne, une infirmière libérale parcourt plus de 100 km par jour.
Les professionnelles s’attendaient à une hausse de leurs indemnités de déplacement. « La dernière fois, on a eu 24 centimes sur l’indemnité forfaitaire de déplacement. On a une mission de service public. On est des professionnels qui se déplacent le plus au domicile des patients et on n’a rien. C’est pas normal. Ça nous met en colère »
, fustige de son côté Ghislaine Sicre, présidente de Convergence infirmière, syndicat d’infirmières et d’infirmiers libéraux.
Aucune aide non plus pour les livreurs indépendants, les VTC ou les taxis. « On marche sur la tête. Si nous, on est exclus alors qu’on est les plus grands consommateurs, qu’est-ce qui peut en bénéficier ? »
, s’interroge un chauffeur parisien qui ne peut plus se permettre de rouler à vide. « Ce n’est pas assez rentable d’aller chercher des passagers. Moi, personnellement, je vais travailler sur Paris. Je vais essayer de ne plus aller dans les aéroports »,
assure un autre.
Même si la situation perdure, le gouvernement, à ce stade, exclut la mise en place de nouvelles aides pour ces professionnels. Seul le cas des infirmières libérales pourrait être revu, puisqu’elles étaient initialement prévues dans le dispositif. « On ne se ferme pas de porte pour l’avenir »
, a simplement avancé Maud Bregeon, lors d’un point presse.

