• Les habitants du village d’Hagenbach sont sidérés après la découverte d’un enfant dans une camionnette.
  • Le petit garçon y était séquestré depuis plus d’un an.
  • Les voisins sont dévastés de n’avoir rien vu, et plusieurs ont accepté de se confier au micro de TF1.

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Le 13H

Dans le petit village d’Hagenbach (Haut-Rhin), les habitants sont sous le choc. Kevin habite juste en face de l’endroit où stationnait la camionnette où le jeune garçon était séquestré. Il ne s’est rendu compte de rien, après avoir pourtant rencontré plusieurs fois son père. « Impossible de penser ça, tu es à la campagne, tranquille. Tu te dis, ‘le gars, il a un boulot’, c’est un gars qui avait l’air plus ou moins stable. C’est pas écrit sur le front des gens », estime-t-il dans le reportage ci-dessus. 

Il y a un an, il a même pu échanger avec le jeune garçon qui se trouvait dans l’utilitaire garé sur cet emplacement. « Je suis rentré un soir, j’ai vu qu’il y avait de la lumière dans la camionnette, j’ai vu qu’il y avait le jeune, j’ai un peu discuté avec lui, il m’a dit que son père était au courant, qu’il cherchait quelque chose dans la camionnette et qu’après il remontait », raconte-t-il. 

« Il pensait que son père n’avait pas le choix »

L’enfant lui assure alors qu’il n’y a « aucun souci ». Pourtant, il ne faisait pas que passer dans la camionnette. En réalité, il y a vécu pendant 16 mois, jusqu’à lundi dernier. Alertés par les voisins qui ont entendu des cris, les gendarmes découvrent alors un enfant de 9 ans nu, amaigri. Sa belle-mère ne s’entendait pas avec l’enfant, et souhaitait le placer en psychiatrie. Son père dit l’avoir enfermé pour éviter d’en arriver là. 

« L’enfant qui a été entendu, et qui a été extrêmement courageux pour s’expliquer de façon très détaillée devant les enquêteurs spécialisés, croyait effectivement à ce scénario, pensait que son père n’avait pas le choix et avait effectivement accepté cette situation dramatique », explique au micro de TF1 le procureur de la République de Mulhouse, Nicolas Heitz. 

Pendant toute sa séquestration, l’enfant doit uriner dans des bouteilles, faire ses besoins dans des sacs poubelles. Il est surveillé depuis le balcon par une caméra orientée sur le parking. Grâce à elle, les enquêteurs ont pu constater que le père allait voir son fils deux fois par jour. Dans le voisinage, c’est un mélange de sidération et de culpabilité. « On n’avait jamais imaginé ça, et on s’en veut de ne pas avoir entendu », réagit une dame au micro de TF1. « Il devait avoir ultra peur, il devait avoir froid », s’alarme un enfant.

Aujourd’hui, le jeune garçon est pris en charge dans une unité pédiatrique de Mulhouse, et une information judiciaire a été ouverte. La belle-mère a désormais l’interdiction de se rendre dans le village. Les deux autres enfants de cette famille recomposée ont été placés. Le père a été mis en garde à vue. Pour enlèvement et séquestration, il risque 30 ans de réclusion criminelle.

La rédaction de TF1info | Reportage : Khélian YOUSFI et Éric SCHINGS

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