« Plus forts ensemble, plus sûrs ensemble, dans l’OTAN. » Du 9 au 11 juillet 2024, les dirigeants de trente-deux pays étaient réunis à Washington pour célébrer, sous cette devise mobilisatrice, le 75e anniversaire de l’Alliance atlantique (OTAN), revigorée autour du principal partenaire, les Etats-Unis, par l’agression russe en Ukraine.

Six mois plus tard, Donald Trump a succédé à Joe Biden à la Maison Blanche et tout a basculé. En quelques semaines, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord a pris des allures de navire en perdition dont le capitaine aurait perdu la tête.

Un beau navire, pourtant. Mais l’allié américain est devenu si fuyant, si hostile, que personne n’ose imaginer comment se déroulera le prochain sommet de l’OTAN, prévu les 24 et 25 juin à La Haye, aux Pays-Bas. Le président Trump fera-t-il seulement le déplacement ? Et, pour aller jusqu’au bout du questionnement, s’il fait le déplacement, est-ce que ce peut être pour couler cette alliance militaire que son pays a cofondée ? « Il n’est pas impossible que, du jour au lendemain, nous ayons à faire ce qui nous paraissait impossible », confie un diplomate européen à Bruxelles.

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Penser l’impensable – l’OTAN sans les Américains –, c’est le nouvel et troublant exercice auquel se livrent discrètement les Européens dans l’immense QG de l’organisation près de la capitale belge. Certains gardent un souvenir cuisant des sommets du premier mandat de Trump (2017-2021), lorsque le président martyrisait la chancelière Angela Merkel parce que l’Allemagne ne dépensait pas assez pour sa défense. Mais au moins, il participait. Il lui arrivait de juger l’OTAN « obsolète » ou d’émettre des doutes sur l’article 5, censé garantir la défense collective d’un Etat membre attaqué, mais son entourage se chargeait de rectifier le tir.

Confiance rompue

Aujourd’hui, Donald Trump ne dit pas qu’il va quitter l’OTAN – il aurait même assuré le nouveau secrétaire général, Mark Rutte, de son engagement dans l’Alliance lorsque le Néerlandais lui a rendu visite, le 13 mars. Mais ses assurances ne convainquent plus personne tant la confiance est rompue, sur fond de visées impérialistes sur d’autres membres de l’OTAN, comme le Canada et le Danemark.

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